Strasbourg

Les teufeurs en quête de reconnaissance

Des teufeurs français, allemands, britanniques, néerlandais ou encore tchèques ont protesté samedi à Strasbourg contre les "répressions policières"

Une « manifestive » européenne pour protester contre les « répressions policières ». Les oreilles dans les murs d'enceintes et des piercings un peu partout sur le corps, des teufeurs français, allemands, britanniques, néerlandais ou encore tchè-ques, ont réveillé Strasbourg samedi après-midi. Cette manifestation s'est imposée après la mort, l'été dernier, d'un raveur tchèque, lors d'une intervention policière musclée pendant un tecknival. « Il y a deux semaines, à Fribourg (Allemagne), sous prétexte d'un entraînement des forces spéciales en vue de la Coupe du monde de football, les policiers ont chargé un squat avec des bulldozers », raconte Benjamin Rochefort, l'un des organisateurs.

A un an de l'élection présidentielle, les teufeurs français avaient aussi besoin d'adresser un message au ministre de l'Intérieur : « Nous ne sommes pas des criminels ou des terroristes, nous nous distinguons juste par notre apparence et notre manière de penser. Et nous sommes fatigués de cette répression stérile. Nous ne désirons que le respect dû à des êtres humains », annonçait l'un des tracts distribués sur place.

« Les free parties sont des fêtes spontanées au départ. Or, désormais, il faut six mois de préparation, détaille un participant. Seule une dizaine de fêtes ont vraiment lieu, pour deux cents dossiers déposés. » Les premiers teufers ne se reconnaissent plus dans ces teknivals médiatisés, loin de leurs valeurs : « La liberté, l'autogestion et la responsabilité individuelle », résume Benjamin Rochefort.

Après la marche, les manifestants se sont rassemblés sur le parking d'Ikea, en partance pour l'Allemagne, où était prévu un Teknival post-manif.

Jeanne Mahé

Les teufeurs étaient 1 700 selon la police, 3 000 d'après les organisateurs, qui attendaient 15 000 manifestants pour cette mobilisation. « Ce sont les activistes qui ont fait le déplacement », s'est réjoui un organisateur.