« Des milliers de repas ne seront plus distribués »

Arnaud Guiguitant

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Hier matin, à l'entrepôt de la Banque Alimentaire, on ravitaille les stocks de sucre, fournis par l'Union Européenne.
Hier matin, à l'entrepôt de la Banque Alimentaire, on ravitaille les stocks de sucre, fournis par l'Union Européenne. — G. Varela / 20 Minutes

La nouvelle est tombée comme un couperet. L'antenne strasbourgeoise de la Banque alimentaire vient d'apprendre la réduction de moitié de ses subventions européennes pour 2012. Un coup dur alors que le nombre de bénéficiaires (13 500 personnes) ne cesse d'augmenter sur la CUS. « Le déficit se chiffre à 350 000 €, soit 800 tonnes de nourriture en moins sur les 1800 que nous distribuons chaque année. On va perdre plus de 40 % de notre stock », s'alarme sa responsable, Coralie Tijou.
Hier, à l'entrepôt de la plaine des Bouchers, cette décision, résultant de coupes drastiques dans le budget du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD), laissait craindre une pénurie d'aliments de première nécessité. Avec elle, la menace d'une « explosion sociale car des milliers de repas ne seront plus distribués », prévoit Coralie.

Augmenter les collectes
Résultat, certains produits risquent de se faire plus rares dans les rayons de l'association. « On va supprimer de nos commandes le beurre, la farine, l'huile, et privilégier les plats cuisinés, les pâtes, le riz ou les céréales », précise la responsable, inquiète d'une diminution des stocks de lait. « On va passer de 22 000 litres de lait par mois à 10 000 litres. » Face à une crise qui se profile, on pare au plus pressé. La Banque alimentaire compte sur sa collecte nationale dans un mois pour faire le plein. Sur la CUS, une quarantaine de magasins participeront à l'opération. « S'il faut faire d'autres collectes, on le fera. Il faudra renflouer nos stocks », poursuit Coralie.
A la Croix-Rouge, on réfléchit à de nouvelles stratégies. Si des partenariats ont été tissés avec une grande surface pour récupérer les stocks d'invendus, d'autres actions sont à envisager : « Il faut faire la tournée des supérettes, des boulangeries et faire du business social pour transformer l'argent en nourriture », propose Armand Pérégo, le président de la Croix-Rouge Alsace-Lorraine.