La médiation contre les déjections

Philippe Wendling

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Goofy, le chien des médiateurs, transporte dans son harnais des sachets de ramassage.
Goofy, le chien des médiateurs, transporte dans son harnais des sachets de ramassage. — G. Varela / 20 Minutes

Place Golbery, hier matin. La laisse de son chien Douga dans une main, un sac d'excréments dans l'autre, une riveraine raconte : « Je ramasse systématiquement ses déjections. C'est une question de propreté et de respect. J'habite le quartier depuis 3 ans. Il y a du mieux, mais... » Des efforts restent à faire. Selon une étude, 70 % des Strasbourgeois nettoient dans la rue les souillures de leur chien. « Le secteur Conseil des XV, Orangerie et Rotterdam est l'un des plus problématiques », estime Julien Hermann, le responsable de la propreté canine à la CUS. A titre expérimental, sur la base de comptages des crottes sur les trottoirs (les chiffres sont secrets), deux médiatrices, secondées par le labrador Goofy, vont à la rencontre des usagers du secteur depuis un mois. « On leur rappelle les règles », précise Sylvie Ducret, l'une d'elles.

Plus de sachets distribués
« En général, cela se passe bien, se félicite Sylvie Ducret. En cas de souci, on explique qu'on peut appeler la police municipale. » Depuis un arrêté de 2002, abandonner les étrons de son chien sur la voie publique est passible de 33 € d'amende. « Il n'y a eu qu'une dizaine de verbalisations, précise l'adjoint (PS) à la sécurité, Olivier Bitz. Nous ne pouvons pas mobiliser les policiers pour cela, d'autant qu'il faut être en situation de flagrant délit pour verbaliser. »
« On offre aussi des canisachets et la liste des endroits où on en trouve », poursuit Sylvie Ducret. Nouveauté, en plus d'être distribués à la mairie de quartier et aux abords des canisites, ces sacs le sont aussi par quatre commerçants du Conseil des XV et de l'Orangerie « En un mois, on en a donné plus d'une centaine, dit Figen Aslan, à la tête d'une épicerie rue Wimpheling. Cela crée de bonnes relations. » A l'avenir, d'autres boutiques de la ville vont aussi assurer le service afin d'augmenter le nombre de sachets en circulation. « Près d'1,8 million ont été donnés par la CUS en 2010 et nous allons dépasser ce chiffre cette année, précise Julien Hermann. Nous allons aussi déployer notre équipe de médiateurs dans d'autres quartiers. »