La mairie fait durer le suspense à l'Odyssée

Philippe Wendling

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L'Odyssée a deux salles : une de 250 places (photo) et une de 70.
L'Odyssée a deux salles : une de 250 places (photo) et une de 70. — G. Varela / 20 Minutes

Propriété de la ville, le cinéma d'art et d'essais l'Odyssée, rue des Francs-Bourgeois, fait l'objet d'une délégation de service public. Le « traité d'affermage » contracté avec l'association « Les Rencontres cinématographiques d'Alsace » arrivant à terme ce 31 octobre, un appel à candidatures avait été lancé en décembre 2010. Trois dossiers (sur cinq déposés) sont encore en course, dont celui de l'actuel gestionnaire représenté par Faruk Günaltay. Le conseil municipal devait délibérer ce lundi 24 octobre sur le choix réalisé par une commission dédiée, sur la base d'entretiens et d'une étude sur le lieu passé de plus de 80 000 places vendues il y a une dizaine d'années à 58 000 en 2010. Problème, le vote est reporté, a priori au 8 décembre.

Mésentente entre élus ?
La raison du report ? « Des délais nécessaires [à] la finalisation du nouveau contrat », dit la délibération que votera, lundi, le conseil municipal, afin de prolonger jusqu'au 31 décembre l'actuelle délégation de service public. En coulisses, il se raconte qu'en fait le maire (PS) et ses adjoints à la culture ne sont pas d'accord sur le lauréat. Silence des intéressés : « Devant rester neutre tant que la procédure est en cours, la municipalité ne peut s'exprimer. »
Du côté de l'UMP, en revanche, on alimente la rumeur. « Nous regrettons que l'Odyssée soit mis en danger par l'incapacité du maire à décider », lâche Pascal Mangin qui appelle « l'exécutif à dépasser ses divisions internes ».
«On ne peut qu'être patients », estime, en guise de seul commentaire, Faruk Günaltay qui postule à sa propre succession. Membre de « Les toiles de Strasbourg », l'une des deux associations concurrentes, Anne Fantinel « regrette d'apprendre par la presse ce report. Il est le signe que la décision est compliquée à prendre, même si nous ne sommes que trois en lice. J'espère que les choses se feront dans la sérénité. » Étienne Hunsinger, trésorier de « Troisième souffle », l'ultime porteur de projet, le souhaite aussi mais déplore de ne plus « avoir de contacts avec la ville depuis juillet. Nous aimerions plus de visibilité dans la procédure et écrirons en ce sens aux élus la semaine prochaine. »