Un chercheur de Strasbourg prix Nobel

Arnaud Guiguitant
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Jules Hoffmann, lauréat du prix Nobel de médecine 2011, est entré au CNRS en 1964.
Jules Hoffmann, lauréat du prix Nobel de médecine 2011, est entré au CNRS en 1964. — REUTERS / Pascal Disdier / CNRS / Hand Out

   On a sabré le champagne, hier, dans les locaux de l'Institut de biologie moléculaire et cellulaire du CNRS de Strasbourg. Son ancien directeur, Jules Hoffmann, 70 ans, en poste de 1994 à 2006, a obtenu le prix Nobel de médecine pour ses travaux sur le système immunitaire. Il le partage avec l'Américain Bruce Beutler et le Canadien Ralph Steinman, décédé vendredi. En déplacement en Chine, le biologiste strasbourgeois a appris la nouvelle depuis son hôtel à Shanghai. « Je ne pensais pas que notre contribution attirerait autant l'attention, a-t-il déclaré à l'AFP, se disant « fier » et « heureux ». Il a par ailleurs rendu hommage au travail d'équipes, qui a conduit à « une meilleure compréhension de l'immunité innée ». 

 Médaille d'or du CNRS
A Strasbourg, l'effervescence a animé toute la journée les laboratoires et ses 65 chercheurs, spécialisés notamment dans l'immunologie des insectes, le domaine de prédilection de Jules Hoffmann. « Ce prix est né ici, dans nos labos. C'est une immense fierté. On attendait cette consécration car ses découvertes ont révolutionné le monde médical », a déclaré Jean-Marc Reichhart, le directeur du laboratoire. D'origine luxembourgeoise, naturalisé Français en 1970, Jules Hoffmann a promené sa blouse de chercheur dans les couloirs de l'université de Strasbourg, avant de fonder en 1995 le laboratoire « Réponse immunitaire et développement chez les insectes ». Ses recherches ont porté sur les molécules antibiotiques de certaines espèces de mouches. Objectif, comprendre comment sont produits ces antibiotiques et trouver des applications pour la médecine générale. « On a pu créer des vaccins, cela a fait avancer la recherche contre le cancer et on arrivera bientôt à trouver des stratégies pour le traitement de la dengue ou du paludisme », a souligné le généticien Dominique Ferrandon, qui travailla durant 16 ans à ses côtés. Celui, qui a déjà remporté il y a 15 jours la médaille d'or du CNRS, recevra le Nobel le 10 décembre à Stockholm.