Les profs inquiets pour leur avenir

Arnaud Guiguitant

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La grève d'hier a touché 27,4 % des enseignants du primaire et 15,6 % du secondaire.
La grève d'hier a touché 27,4 % des enseignants du primaire et 15,6 % du secondaire. — G. Varela / 20 Minutes

Dans les rangs de la manifestation enseignante d'hier matin, mieux valait être fort en calcul et maîtriser les soustractions. L'opération suivante est posée par le secrétaire académique du SNES-FSU, Francis Fuchs : « Dans les collèges du Bas-Rhin, on compte moins 53 postes en 2011 et moins 86 dans les lycées. Entre 2008 et aujourd'hui, le total des suppressions dans le secondaire s'élève à 348. »
Cette baisse arithmétique se vérifie aussi en primaire, selon Virginie Solunto, la secrétaire départementale du SNUIpp-FSU 67 : « Dans le 1er degré, on est à moins 93 postes. C'est inacceptable. Les classes sont surchargées. Les conditions d'enseignement en pâtissent. Comment les élèves peuvent apprendre correctement dans de telles conditions ? », lance-t-elle. En moyenne, ils seraient cette année 33 par classe en seconde, et 30 en première. « Depuis l'an dernier, les classes ont augmenté en moyenne de deux élèves », précise Francis Fuchs.

« L'école est à refonder »
Le résultat de ces opérations a conduit, hier, environ 1 300 personnes, du secteur public et privé, à manifester dans le centre-ville, pour réclamer plus de moyens et le gel des 14 000 suppressions de postes prévues en 2012. « Il faut stopper ces suppressions sauvages. Il y en a eu une douzaine l'an dernier dans le privé », alerte Cristina Cambas, la secrétaire régionale de la FEP-CFDT, le syndicat de l'enseignement privé. Même inquiétude pour ce professeur de littérature du lycée privé La Doctrine: « On perd des heures de cours et on a de plus en plus d'élèves par classe. Les conditions de travail s'en ressentent », confie Marie Henriet.
Invitée surprise de la manifestation, la candidate à la présidentielle, Eva Joly (Europe-écologie-Les Verts), a réaffirmé son soutien au monde enseignant. « L'école est à refonder. L'éducation ne doit pas être sacrifiée. Il faut recruter et avoir une pédagogie nouvelle », a-t-elle déclaré.