La vie sous la tente, entre deux routes

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Dehors toute l'année. Alors que la levée du plan hivernal préoccupe sérieusement les associations chargées de l'assistance aux sans abris, plusieurs campements miniatures, faits de tentes ou de cahutes de fortune, sont installés tout autour de l'agglomération strabourgeoise. Ceux qui les occupent, une centaine de personnes selon Médecins du Monde, sont souvent originaires des pays d'Europe de l'Est. « Ils ont pallié par eux même le défaut d'hébergement, en se construisant un toit », explique Catherine Frapard, infirmière à Médecins du Monde et responsable de la maraude.

Au-milieu d'un noeud routier, à peine camouflé par des arbres, trois tentes et une cabane. Celui qui se fait appeler Eric, son « nom de soldat », est lituanien. Il est installé depuis trois ans dans une minuscule baraque en bois, qu'il a bâtie lui-même. Agé de 33 ans, il est venu à Strasbourg « parce que l'architecture de la ville [lui] rappelle celle de [son] pays ». Après cinq ans de service dans la légion étrangère, il a préféré rester en France. « Dans mon pays, le salaire moyen ne dépasse pas la centaine d'euros », explique-t-il. Costaud, il travaille parfois, au noir, dans la sécurité. Ses quatre compagnons de campement, arrivés de Pologne depuis plusieurs années, doivent se contenter de la mendicité. « Mais on n'a besoin de pas grand chose pour vivre. On envoie presque tout à la famille » qui ignore tout de leur quotidien, racontent-ils. Ils ne se plaignent pas, même s'ils admettent que l'humidité est parfois rude, et que c'est la petite plaque de cuisine qui sert de chauffage. « Mais je préfère encore être ici qu'entassé avec quarante personnes dans un dortoir », lâche Eric.

Jonathan Barbier

La vingtaine de personnes qui campaient encore place de la République a quitté les lieux hier après-midi. Un particulier, ému par leur sort, aurait accepté de les héberger pour deux nuits.