Des tentes pour demander un hébergement

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Ils campent place de la République. Depuis vendredi, une douzaine de familles de demandeurs d'asile, avec une trentaine d'enfants, dorment sous les fenêtres de la préfecture. Issus notamment de l'ex-Union soviétique, ces réfugiés sont victimes de la fin du plan d'hébergement hivernal, qui s'est achevé samedi. Expulsés de leurs logements d'urgence, à la rue faute de place dans les centres d'accueil pour demandeurs d'asile, ils n'ont trouvé d'aide qu'auprès d'associations et de particuliers qui leur ont fourni tentes et nourriture.

Ce campement de fortune est l'action finale d'une mobilisation plus importante. En effet, plus tôt dans la journée, un collectif d'associations avait manifesté sous une banderole « la misère n'est pas saisonnière », condamnant la fermeture, dès le printemps, de centres d'accueil aux sans-abri. « Cet arrêt signifie la fin de l'hébergement de 400 personnes dans le département, souligne Bernard Koschig, directeur d'Entraide le Relais. L'Etat se propose d'apporter une réponse pour l'hiver, mais nous avons besoin de solutions toute l'année. » Pour Karim, travailleur social dans la structure d'accueil Horizon Amitié, le problème est d'autant plus grave que l'Etat prévoit une suppression annuelle de 500 lits dans le Bas-Rhin. « Comment va-t-on accueillir des demandeurs toujours plus nombreux si l'on supprime tout le temps des lits ? »

Une délégation a été reçue vendredi par Alain Gérard, directeur de cabinet du préfet, sans qu'aucun accord n'ait été trouvé. Un nouveau rendez-vous est prévu demain. Si aucune solution de relogement n'est proposée, les demandeurs d'asile ne bougeront pas.

Philippe Wendling

Le collectif ne prévoit officiellement pas de réquisition de logements, mais cette action reste envisageable selon des étudiants anti-CPE qui ont rejoint le mouvement contre la levée du plan d'hébergement hivernal.