Le surpoids pèse sur les petits alsaciens

Philippe Wendling

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Quelque 15,3 % des Alsaciens de 5-6 ans seraient en surpoids.
Quelque 15,3 % des Alsaciens de 5-6 ans seraient en surpoids. — F. DURAND / SIPA

A ne pas prendre à la légère. L'académie de Strasbourg compte le plus d'enfants de grande section maternelle en surcharge pondérale, selon une étude publiée dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l'Institut de veille sanitaire. Basée sur des données de 2005-2006, l'enquête pointe que le taux de surpoids des 5-6 ans est de 15,3 % dans la région, contre 12,1 % au niveau national. « Le taux a baissé dans l'académie depuis 2000 (17,6 %), note l'auteur de l'article Thibaut de Saint Pol, membre de l'Ecole nationale de la statistique et de l'administration économique. On peut penser qu'il a encore régressé ces cinq dernières années grâce aux actions de prévention. » L'Alsace n'en reste pas moins une mauvaise élève.

Des sodas tous les jours
Les raisons ? « Elles sont complexes, dit Thibaut de Saint Pol. La région compte aussi, avec le Nord, le plus grand nombre d'obèses adultes. Il faut y voir une question de disparités sociales mais surtout de rapport aux repas, qui sont par tradition plus copieux en Alsace. » Dans sa ligne de mire la charcuterie, les aliments frits... Et les boissons sucrées. La région est la deuxième au classement de leur consommation chez les 5-6 ans. « Ils sont 40 % à en boire tous les jours, peut-être à cause de la proximité de l'Allemagne, où les sodas sont plus dans les habitudes », dit le chercheur. « Quand on a soif, on boit de l'eau, pas des sirops ou des sodas, martèle le pédiatre strasbourgeois François Undreiner. Pour éviter le surpoids d'un enfant, il faut les supprimer, tout comme les autres mauvaises habitudes alimentaires. Manger en famille à table sans télé et bouger tous les jours dès qu'un enfant sait marcher sont aussi des nécessités. » Autre conseil du pédiatre : « Abandonner la collation de 10 h, si caractéristique de la région. Un enfant a besoin de petit-déjeuner, déjeuner, goûter à 16 h et dîner. »
Le rectorat, qui n'était pas en capacité de répondre hier, a inscrit la lutte contre le surpoids dans ses priorités depuis 2005. Il assure, notamment, des séances de sensibilisation des élèves et des agents de restauration scolaire.