à Colmar, renvoi du procès Barresi

Philippe Wendling

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Les avocats de Barresi, Pierre Bruno (à gauche) et Eric Dupont-Moretti , hier à Colmar.
Les avocats de Barresi, Pierre Bruno (à gauche) et Eric Dupont-Moretti , hier à Colmar. — G. Varela / 20 Minutes

Escorté par le GIPN, précédé par une réputation de parrain marseillais, Bernard Barresi a pris place, hier, dans le box des assises du Haut-Rhin, à Colmar. Costume sombre, tempes grisonnantes. L'homme, 48 ans, est détendu, plaisante avec ses proches présents dans la salle. Les faits qui lui sont reprochés : le braquage, avec un commando, d'un camion de transport de fonds, le 1er mars 1990, sur l'A 36 à Mulhouse. Le butin, jamais retrouvé, s'élève à 33,7 millions de francs, environ 5 millions d'euros. En cavale depuis, et ce jusqu'en juin 2010, Barresi avait été condamné à 20 ans de réclusion par contumace en 1994. Bien que son casier ne comporte aucune autre peine, il est dépeint comme un membre influent de la voyoucratie phocéenne, au rôle actif dans les machines à sous clandestines, le blanchiment d'argent. « J'en ai ras-le-bol qu'on me fasse passer pour un monstre, a-t-il lâché hier devant la cour. Où m'a-t-on arrêté ? Au Mexique ? Non ! A Gardanne, à 5 km de Marseille. On m'a cherché dans le milieu du grand banditisme, je suis dans celui du BTP. »

Nullité de la procédure
Pour Eric Dupont-Moretti, l'un de ses avocats, Barresi est surtout « le seul accusé au monde à être jugé sans avoir été inculpé ». Durant l'instruction « aucun mandat d'arrêt ne lui a été notifié ». Aucun procès-verbal de perquisition de son dernier domicile ou de recherche infructueuse ne figure au dossier. Conséquence, son procès n'a pas lieu d'être, ont plaidé ses conseils avant même l'ouverture des débats. La cour d'assises du Haut-Rhin s'estimant incompétente pour statuer sur la nullité de la procédure, ils ont déposé, hier, deux pourvois en cassation. Leur but, faire valoir la prescription dans le dossier et donc obtenir l'acquittement de Barresi.
Face à un « imbroglio judiciaire », les avocats du Phocéen ont aussi demandé et obtenu le renvoi du procès, prévu jusqu'à vendredi. Il a été reporté au 12 décembre. Barresi, dont la remise en liberté a en revanche été refusée, promet qu'il « s'expliquera » à cette occasion.