Découverte majeure à l'Observatoire

Arnaud Guiguitant

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Dominique Aubert et Pierre Ocvirk, hier à l'Observatoire de Strasbourg.
Dominique Aubert et Pierre Ocvirk, hier à l'Observatoire de Strasbourg. — G. Varela / 20 Minutes

L'étude de l'infiniment lointain. Après un an de recherches, menées sur la formation et l'apparition des premières étoiles il y a 12 milliards d'années, deux astrophysiciens strasbourgeois viennent de percer le mystère de la mort de certaines galaxies, gravitant autour de la Voie lactée.
Chercheurs à l'Observatoire de la ville, Pierre Ocvirk (CNRS-INSU), et Dominique Aubert (Université de Strasbourg), se sont intéressés aux étoiles de notre galaxie. A partir de modèles d'observations et d'analyses, ils ont découvert que le rayonnement intense, émis par les premières étoiles de la Voie lactée, est à l'origine de la disparition de plusieurs galaxies satellites... il y a 10 milliards d'années.

Lumière d'étoiles
Fondée sur l'étude de leurs compositions physiques, cette théorie n'avait, jusque-là, jamais été formulée. « Pour comprendre comment fonctionnent ces galaxies, on a construit un nouveau modèle d'évolution, qui part du Big Bang jusqu'à aujourd'hui. On a ainsi pris en compte plusieurs éléments, dont l'interaction entre la lumière et le gaz de ces galaxies », expliquent-ils.
Selon les deux scientifiques, c'est la lumière si puissante des étoiles de la Voie lactée qui a provoqué leur disparition. « Sans gaz, ces galaxies ne peuvent pas vivre. Elles finissent par mourir, et leurs étoiles avec », poursuit Pierre Ocvirk.
Les principales thèses qui s'affrontent à ce sujet, passionnant de surcroît la communauté des astronomes, mettent en cause d'autres galaxies voisines dans leur extinction. « On peut finalement dire que la vie d'étoiles dépend d'autres étoiles », reconnaît Dominique Aubert.
Devant la valeur scientifique de leur découverte, la très reconnue revue britannique, Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, a publié hier leurs recherches dans ses colonnes.
Des recherches qui pourraient être déterminantes, lors du lancement de la mission spatiale Gaia qui, en 2013, s'envolera pour cartographier nos galaxies.