Quid de la consommation d'alcool la nuit sur l'espace publicLes bars rêvent « d'une heure blanche »

Philippe Wendling

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Une heure d'ouverture en plus  pourrait étaler les sorties des bars.
Une heure d'ouverture en plus pourrait étaler les sorties des bars. — G. Varela / 20 Minutes

Afin d'éradiquer les « grands rassemblements », la mairie a pris, en mai, un arrêté interdisant, jusqu'au 31 octobre, la consommation d'alcool en réunion, de 20 h à 5 h, place de la République et dans le parc de l'Orangerie. Pour les contrevenants, au minimum : 38 € d'amende. « Le principe de précaution semble avoir porté ses fruits. Des rappels à l'ordre ont été faits depuis, mais aucune contravention n'a été dressée, avance Olivier Bitz, l'adjoint (PS) à la sécurité. Nous avons relevé quelques incidents, mais nettement moins importants qu'en 2010. Exemple, fin juin, nous avons évacué 200 à 250 personnes qui voulaient fêter la fin des examens à l'Orangerie. L'an passé, elles étaient 1 500. » Interdire l'alcool à l'Orangerie et à République n'est pas suffisant, estime le patron de bars Franck Meunier. « L'alcool sur la voie publique est un fléau générateur de nuisances. L'arrêté devrait être étendu au moins dans l'ellipse insulaire et la Krutenau », propose-t-il. Selon Olivier Bitz, si l'arrêté devrait être reconduit à l'été 2012, sa généralisation à toute la ville « pose des problèmes juridiques ». En revanche, dit-il, l'étendre à d'autres lieux ciblés n'est pas inconcevable.P. W.Instaurée en mai 2010, une charte municipale vise à dynamiser la vie nocturne et à rappeler aux établissements les règles à suivre. Les représentants de la profession au sein de sa commission seront renouvelés cet après-midi. Parmi les dossiers qui les attendent : les horaires de fermeture. Si la loi autorise plus d'établissements à fermer à 4 h, le problème n'est pas réglé.

Le maire va plaider chez le préfet
« Aujourd'hui, par exemple, un bar qui a l'autorisation de fermer à 4 h du matin doit arrêter la musique et le service à 3 h 15, pour que les clients soient tous sortis à 4 h, explique Jacques Chomentowski, le patron du Coco lobo et représentant de l'Union métiers industrie hôtellerie. Nous demandons la création d'une "heure blanche". Elle autoriserait à servir jusqu'à l'heure légale de fermeture et de laisser les gens rester encore un moment. »
Si la mesure permettra aux professionnels d'étoffer leur chiffre d'affaires, elle tendra « surtout à lisser les sorties », avance Jacques Chomentowski. « On évitera de se retrouver avec 400 personnes en même temps dehors, ce qui génère des nuisances sonores », poursuit Franck Meunier, membre de la commission de la charte et propriétaire de plusieurs bars dont les Aviateurs. L'idée, qui, a-t-on appris hier, lui a été présentée au début de l'été par des membres de la commission de la charte de la nuit, aurait reçu un bon écho auprès de Roland Ries. « Le maire va bientôt la présenter au préfet, précise Elisabeth Ramel, l'adjointe (PS) en charge de la charte de la nuit. Il s'agirait d'une première en France. »
Dans un souci de réduire les nuisances sonores devant les bars, provoquées par les regroupements de fumeurs ou les sorties des clients, une nouvelle « campagne de prévention » est aussi dans les tuyaux, précise Elisabeth Ramel. L'adjoint (PS) à la jeunesse, Paul Meyer, compte lui demander aux associations étudiantes de nommer des médiateurs pour faire respecter le silence à proximité de leurs soirées.

Quelque 80 bars ont déjà signé la charte

Depuis sa création en mai 2010, 80 établissements ont signé la charte de la vie nocturne. « C'est l'objectif que nous nous étions fixés », se réjouit l'élue (PS) Élisabeth Ramel. Parmi leurs obligations : sensibiliser les clients aux maladies sexuellement transmissibles et aux risques de l'alcool. Ils vont, par exemple, organiser une promotion des éthylomètres dans les prochaines semaines.