Nucléaire: Querelle d'avis sur le futur du réacteur de Fessenheim

POLEMIQUE L'avis définitif sur son avenir devrait intervenir à la mi-novembre...

Philippe Wendling

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Le réacteur 1 est en service depuis 1977, faisant de Fessenheim la doyenne du parc nucléaire.
Le réacteur 1 est en service depuis 1977, faisant de Fessenheim la doyenne du parc nucléaire. — G. Varela / 20 Minutes

Le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Fessenheim, en service depuis 1977, peut être exploité dix années supplémentaires, a estimé, hier, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Dans un rapport établi à la suite d'une visite du site, menée d'octobre 2009 à mars 2010, l'organisme préconise néanmoins que cette prolongation s'accompagne d'un certain nombre de mesures.

Parmi elles, le renforcement du dispositif d'évacuation de la radioactivité et du radier, c'est-à-dire de la dalle sur laquelle repose l'unité d'exploitation. Le gouvernement tranchera sur l'avenir du réacteur à la mi-novembre, après un audit de sécurité de tout le parc nucléaire national.

«Scandale, catastrophe...»


«Cet avis, s'il était suivi d'effets, serait un scandale au regard de notre sécurité et des enjeux énergétiques, ont réagi Jacques Fernique et Alain Jund d'Europe Écologie-Les Verts Alsace. Alors que l'Allemagne vient de voter à une très large majorité pour la sortie du nucléaire, alors que la Suisse prend les mêmes orientations et que l'Italie stoppe le nucléaire suite à un référendum, la France veut continuer son cavalier seul.»

Tout en n'étant «pas surpris» du rapport de l'Autorité, le porte-parole de Halte au nucléaire, Rémi Verdet, parle «de catastrophe. Il peut se passer n'importe quoi à Fessenheim, comme à Fukushima», une centrale de la même génération. «L'ASN fait fi de tous les risques incalculables du nucléaire, poursuit Aline Duratti, du collectif Stop-Fessenheim. On est frustrés. Dans la région, la population, des élus, des villes, dont Strasbourg, demandent sa fermeture. Mais non, ils s'obstinent à l'exploiter.»

Pour Jean-Marie Brom, du collectif Sortir du nucléaire, «la sagesse consisterait à faire de la fermeture immédiate de la centrale la première étape d'une sortie du nucléaire en France». Si son annonce n'a pas encore été faite, elle serait néanmoins incessante. Dans une visée électoraliste, selon lui, Nicolas Sarkozy pourrait la proclamer au cours de la campagne des présidentielles 2012.