Les Moock ont la fibre textile et provinciale

Philippe Wendling

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Bruno (à droite) est issu de la mode, son frère Patrick a d'abord travaillé dans la gestion.
Bruno (à droite) est issu de la mode, son frère Patrick a d'abord travaillé dans la gestion. — G. Varela / 20 Minutes

Deux frangins alsaciens, trois vaches, un quart de siècle de succès. Bruno « l'artiste » et Patrick, « le financier » fêteront, dimanche*, le 25e  anniversaire de Mise au Green, leur marque de vêtements. En1986, âgés de 25 et 26 ans, les frères Moock ont créé une dizaine de chemises qui « ouvrent à la discussion » en mettant en scène un chameau, un arbre, un coq... « On a demandé à des brodeuses de la région de les confectionner », raconte Patrick. Bingo ! Dès sa première présentation dans un salon professionnel à Paris, une chemise avec « trois vaches à la queue leu leu » a séduit des boutiques, dont Harrods à Londres et Bloomingdales à New York. « On a fait du modèle notre logo », précise Patrick. Pas question de le changer. Conçues en référence à leur grand-père, marchand de bestiaux dans la région, les vaches ornent depuis des parkas, bermudas et autres t-shirts vendus dans plus de 400 boutiques en France. Le groupe, au chiffre d'affaires de 30 millions d'euros, emploie en direct 180 personnes, dont une majorité à son siège d'Eckbolsheim.

Vêtir « des gens normaux »
« Nous revendiquons une création 100 % locale, mais comme les autres marques, pour des questions de coûts nous sommes confrontés à la difficulté de produire en France, déplore Patrick. Faire des gants ici nous obligerait à les vendre 300 €. » Si leurs vêtements sont pour certains confectionnés et assemblés en Asie et au Maghreb, les Moock mettent un point d'honneur à utiliser le maximum de tissus européens.
De même, ils privilégient leur implantation dans les villes moyennes dans un souci de proximité avec le client et de séduction car « les grandes marques internationales s'y intéressent moins ». « Nous sommes une marque haut de gamme provinciale, estime Bruno. Nous habillons des gens normaux, qui nous ressemblent. Et ce, même si pour les " modeux " nous sommes des ploucs avec nos vaches. »