Usine à l'amende cherche repreneur

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Un avenir en pointillé.

La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Mulhouse a placé hier en redressement judiciaire la société Trioplast, basée à Wittenheim (Haut-Rhin).

Un administrateur judiciaire a été nommé, et les repreneurs potentiels ont jusqu'au 29 mars, date de la prochaine audience, pour se signaler.

Le 15 décembre, Bruxelles a condamné Trioplast à verser 17,85 millions d'euros.

Reconnue coupable d'entente illicite, la société se serait partagée, avec d'autres entreprises du secteur, le marché des sacs plastiques industriels en Europe entre 1982 et 1999, en s'entendant sur le niveau des prix.

A l'époque, la société était détenue par un autre propriétaire.

« Le problème dans cette histoire, c'est que ce n'est pas le coupable qui est mis en prison », lâche Robert Lacker, le directeur de l'usine.

Car si ce patron a déclaré sa société en cessation de paiement, malgré une activité dynamique, c'est pour ne pas retrouver ses comptes noyés par l'amende considérable infligée par la commission européenne.

Aujourd'hui, les actionnaires suédois, qui refusent de mettre la main à la poche pour payer une faute qu'ils n'ont pas commise, préfèrent lâcher le site.

« Aucun repreneur ne sera intéressé avec une telle amende », prévient Robert Lacker, qui espère qu'une solution juridique sera trouvée entre les propriétaires successifs pour s'entendre sur le règlement de l'amende.

J. B. .
La CFDT a envoyé un courrier au président du groupe suédois, lui demandant d'assumer sa « responsabilité sociale » en cas de licenciements. Une requête sans réponse pour le moment.