Ries renonce à l'extension des zones 30

Philippe Wendling

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Roland Ries a regretté, hier, de devoir renoncer à étendre les zones 30 dans 70 % de la ville.
Roland Ries a regretté, hier, de devoir renoncer à étendre les zones 30 dans 70 % de la ville. — G. Varela / 20 Minutes

Les électeurs strasbourgeois ont tranché : ils ne veulent pas de zones 30 dans 70 % de la ville, comme le souhaitait la mairie PS. Sur les 50 121 participants à la consultation sur le sujet, menée du 2 au 20 mai, « 27 420 ont dit non, soit 54,9 % des suffrages exprimés, a annoncé, hier, le maire Roland Ries. Nous ne ferons donc pas ce qui était prévu. Je le regrette. L'idée d'une ville apaisée où l'on diminue le stress est encore à construire. Les citoyens sont attachés à la possibilité d'aller vite. »
Pour la municipalité, la mesure visait à réduire la place de la voiture au centre-ville et à faciliter la cohabitation entre piétons, cyclistes et automobilistes. Le refus « prouve qu'il faut encore faire de la pédagogie », avance, « très déçu », le Vert Alain Jund. Du côté du Cadr'67, on dit aussi en « avoir gros sur la patate ». Pour l'association de promotion du vélo, ce rejet est « comme si la qualité de vie et la lutte contre les accidents étaient accessoires face à l'égoïsme ou à l'inconscience d'automobilistes jouant à accélérer et à freiner entre deux feux rouges ».

Un revers politique ?
Au contraire, selon l'UMP Jean-Emmanuel Robert : « Les Strasbourgeois ont compris que généraliser les zones 30 n'est pas logique. » Elles ne se justifient que dans « des secteurs dangereux ». Un avis partagé par Roger Braun de l'Automobile club qui a fait campagne contre l'extension. Parmi ses arguments, le fait que les conducteurs auraient été obligés de garder « l'œil rivé sur le compteur » et non sur la route pour ne pas dépasser les 30 km/h. « La voix de la raison a gagné la consultation », dit-il.
En coulisses, certains estiment que c'est « la voix de la défaite de Roland Ries » qui a gagné. « Il faut qu'il repasse son permis de conduire municipal », ironise Jean-Emmanuel Robert, qui voit dans le « non » des Strasbourgeois « une critique globale de l'actuelle gouvernance ». Réponse de Roland Ries : « La consultation ne concernait pas l'ensemble de la politique que nous menons, mais un élément ponctuel. »