La sécheresse pénalise la navigation

Philippe Wendling

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Alors que la saison des hautes eaux devrait battre son plein en avril et mai, le Rhin est inférieur, par endroits, d'un mètre au niveau moyen en cette période.
Alors que la saison des hautes eaux devrait battre son plein en avril et mai, le Rhin est inférieur, par endroits, d'un mètre au niveau moyen en cette période. — G. Varela / 20 Minutes

L'orage de mardi soir n'y a rien changé. En raison de la sécheresse de ces dernières semaines, le Rhin est au plus bas. À certains endroits, «  le niveau est inférieur d'un mètre à ce qu'on observe d'habitude à cette période », explique Jean-Marie Meyer, inspecteur de l'armement à la Compagnie française de navigation rhénane (CFNR). « En mai, nous devrions être en haute saison des eaux. La situation est exceptionnellement anormale parce qu'en raison des températures, les neiges ont fondu plus tôt en Suisse et il n'a pas beaucoup plu, précise Laurent Darley, le directeur d'exploitation du Port autonome de Strasbourg. D'habitude, ce genre de phénomène arrive plus tard. La dernière fois, c'était en 2003, à la fin de l'été. »

Une baisse du tonnage par bateau
« Comme l'enfoncement dans l'eau est plus restreint, nous devons réduire jusqu'à 60 % le nombre de conteneurs par bateaux, déplore Sandra Bolzonella, responsable d'exploitation à la CFNR. Cela a un coût. Rien que pour la fin de la semaine à venir, je suis obligée d'affréter trois bateaux supplémentaires pour compenser la baisse des chargements sur les embarcations programmées. » Le problème est le même pour toutes les compagnies transitant sur le Rhin. Elles sont contraintes à revoir à la baisse « de 50 à 60 % leur tonnage », pointe Jean-Marie Meyer. Certaines sont obligées de recourir « au fret rail ou routier » pour acheminer les marchandises, dit Laurent Darley.
Si le Rhin est touché par la baisse du niveau des eaux, l'Ill l'est moins grâce à la régulation opérée par les barrages. « Sur les quinze derniers jours, j'ai néanmoins deux bateaux qui ont touché [le fond] et en trois semaines, j'ai dû en annuler trois, raconte Reynald Schaich, le directeur des navettes touristiques Batorama. Il va falloir garder un œil sur la météo et être vigilant pour les semaines à venir. » Selon Jean-Marie Meyer, il faudrait qu'il pleuve « un peu tous les deux ou trois jours » pour que les niveaux reviennent à la normale. Si les précipitations ne sont qu'occasionnelles, la nappe phréatique va absorber toute l'eau au détriment des fleuves.