Les collègues d'Anne Barth font bloc

©2006 20 minutes

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Environ 300 membres du personnel du centre médico-chirurgical et obstétrical de Schiltigheim se sont rassemblés hier à 14 h pour une minute de silence, après l'agression, vendredi dernier, de leur collègue Anne Barth dans les locaux du centre. Les deux agresseurs avaient violemment frappé la tête de l'assistante sociale contre son bureau, puis avaient inscrit au feutre « Mohamed » sur son ventre et « sal juif » (sic) sur un mur, avant de prendre la fuite. « Il fallait une marque de soutien, qui est aussi une condamnation sans faille de l'agression », a expliqué Jean Flori. Ce pédiatre est le seul membre de l'hôpital à avoir pris la parole publiquement. « On ne voudrait pas que cet événement change quoi que ce soit, tant dans l'ambiance de travail que dans l'accueil des gens», a ajouté le pédiatre.

Egalement présente, Fabienne Keller, maire (UMP) de Strasbourg, a souhaité témoigner de sa « solidarité devant un geste honteux, qui a visé ceux qui consacrent leur vie à aider les gens ». Mohamed Latahy, aumônier musulman des hôpitaux d'Alsace, avait lui aussi fait le déplacement. « Il est important de laisser la police faire son enquête et bien comprendre que même si une toute petite minorité d'intégristes agit de la sorte, il ne faut pas faire d'amalgame avec l'islam, qui prône la cohésion sociale », a-t-il expliqué. L'avocat Raphaël Nisand, président de la Licra du Bas-Rhin, qui avait dénoncé en début de semaine « l'intégrisme islamiste » comme ayant pu influencer les agresseurs, a clarifié sa position. « Dénoncer l'intégrisme musulman n'est pas faire de l'islamophobie. Tout extrémisme aurait pu entraîner un tel acte », a-t-il indiqué.

Jonathan Barbier

Anne Barth est à présent sortie de l'hôpital mais demeure en état de choc, selon des proches. La police est toujours à la recherche de ses agresseurs, âgés de 30 à 50 ans, que la victime ne connaissait pas.