Les anti-rallye remontent au créneau

Philippe Wendling

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Les collectivités versent 1,44 million d'euros pour l'organisation, une aberration pour les opposants.
Les collectivités versent 1,44 million d'euros pour l'organisation, une aberration pour les opposants. — G. Varela / 20 Minutes

A de rares exceptions, le Rallye de France empruntera, du 30 septembre au 2 octobre, les mêmes routes alsaciennes que celles de sa première édition, à l'automne dernier. Présenté hier, le tracé entraînera les pilotes, entre autres, à Mulhouse, Bischwiller et Cleebourg, au grand dam de ses opposants réunis au sein du collectif Ras le rallye.

Des actions sont prévues
« Face à l'entêtement des collectivités et de la fédération automobile, nous avons perdu puisque le rallye va se refaire. Mais nous n'allons pas cesser de nous faire entendre pour autant », lance Jacques Fernique, le leader d'Europe Ecologie. « En temps de crise où tant de dossiers sont bloqués, il est aberrant que de l'argent public servent à financer son organisation », lâche Damien Stenger de l'association TC Alsace. Sur un budget total de 3,54 millions d'euros, les collectivités alsaciennes vont verser1,44 million d'euros, soit 150 000 euros de plus qu'en 2010.
« L'Alsace est un espace fragile, on ne peut pas s'y comporter comme des prédateurs avec ce que cela implique en pollution et en décibels », poursuit Jacques Fernique. « Nous avons été outrés par la première édition du rallye, ajoute Stéphane Giraud, le directeur d'Alsace nature. Contrairement à ce qu'ils disent, les organisateurs n'ont pas su gérer les flux de spectateurs. »
Dans son rétroviseur, par exemple, la présence de milliers de fans au Grand Ballon rendue possible par la suspension temporaire d'un arrêté préfectoral de protection du biotope. L'association avait saisi le tribunal administratif pour faire casser la décision. « Alors qu'une nouvelle épreuve s'y déroulera, le tribunal n'a pas encore rendu son jugement », pointe Stéphane Giraud. Pour éviter, « toute nouvelle fréquentation anarchique des espaces naturels », il envisage diverses actions. « Nous allons saisir la justice et appeler à la mobilisation avant le rallye. S'il le faut, nous le ferons aussi pendant la course, ce que nous n'avions pas fait l'an passé. »