L'Arsène Lupin alsacien dort à nouveau en prison

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« Je vis du RMI. Le vol, c'est fini. Je veux qu'on me laisse tranquille », déclarait Stéphane Breitwieser à 20 Minutes en octobre 2006. Le natif de Mulhouse était en liberté depuis quelques mois après avoir écopé de quatre ans de prison en Suisse et de trois ans, dont dix mois avec sursis, en France pour le vol d'œuvres d'art. Malgré ses dires, celui qui s'est lui-même surnommé « l'Arsène Lupin alsacien » aurait vite replongé.
Il a été placé en détention provisoire vendredi et mis en examen pour vols aggravés et recel. Les enquêteurs ont découvert, mercredi, 28 tableaux et différents objets chez lui, à Marmoutier. Onze autres œuvres ont été retrouvées dans un étang près de Sélestat. L'affaire avait débuté en 2007 par le vol d'un vase Gallé et d'un tableau chez un antiquaire à Benfeld. Le reste du butin aurait été dérobé en Allemagne. Une huile de l'école de Bruegel (estimée à 50 000 €) laisse à penser que des méfaits ont aussi été commis en Belgique.
Stéphane Breitwieser, 39 ans, a reconnu une partie des faits qui lui sont reprochés. « Il a rechuté, selon ses termes », explique Claude Palpacuer, procureur adjoint. Une situation financière « précaire » depuis sa sortie de prison aurait poussé ce collectionneur compulsif à repasser à l'acte. De 1994 à 2001, il avait chapardé plusieurs centaines d'œuvres dans toute l'Europe pour une valeur estimée à 10 millions d'euros.P. W.

Les « confessions d'un voleur d'art »

En 2006, Stéphane Breitwieser avait raconté son parcours dans le livre « Confessions d'un voleur d'art » aux éditions Anne Carrière. Expliquant l'un de ses vols de toile, il écrivait : « L'émotion me submerge, une force intérieure me pousse, irrésistible. J'ai le cœur qui bat, non pas tant à cause du danger que du désir de posséder cette œuvre (...) Je sais que je vais la prendre ! »