Erstein craint de se faire sucrer son activité

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La charmante Alsacienne des paquets de sucre va-t-elle disparaître des rayons ? C’est ce que redoutent les 204 salariés et 560 exploitants agricoles de la plus petite sucrerie de France, implantée depuis 1893 à Erstein. Ils manifestent ce matin entre la place de Bordeaux et l’Hôtel du préfet, pour demander au ministre de l’agriculture, Dominique Bussereau, de les autoriser – au plus vite – à augmenter leur production. Sans cela, les nouvelles réglementations mondiales risquent de laisser le Petit Poucet alsacien sur le carreau. En effet, à partir de mai 2006, les exportations de sucre européen seront interdites, en raison d’une condamnation de l’Organisation mondiale du commerce. Or, Erstein est championne d’Europe des exportateurs (les deux tiers de sa production partent à l’étranger, soit 70 000 tonnes par an), notamment vers la Suisse. L’Alsacienne est donc particulièrement déstabilisée et ne peut même pas se rattraper sur un marché intérieur très réglementé. En effet, ce sont les Etats – à qui l’UE attribue chaque année un quota de sucre à produire – qui fixent la quantité produite par chaque sucrerie. C’est ce quota que les dirigeants d’Erstein veulent voir augmenter. « On ne demande pas la lune, soupire André Jacob, le directeur adjoint de la sucrerie. On a besoin de produire au minimum 32 000 tonnes supplémentaires pour que la sucrerie soit viable. » Le temps presse pour les betteraviers qui alimentent l’usine, car ils doivent bientôt commander les graines pour les semis. « Si le ministre ne nous accorde pas ce quota supplémentaire, nous devrons réduire nos exploitations de moitié », prédit Raymond Graff, le président de la sucrerie et du syndicat betteravier. Réponse au plus tôt fin février. Jeanne Mahé

betteraves Depuis 1983, les betteraviers détiennent 95 % des actions de la sucrerie. Quelque 500000 tonnes de betteraves sont produites chaque année sur 6000 hectares, ce qui équivaut à 1,2 kg de sucre par m2.