L’aéroport de Colmar en bout de piste

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Depuis hier, les avions ne peuvent plus décoller ou atterrir à Colmar-Houssen qu’en plein jour et par beau temps. Il s’agit de la première conséquence concrète de la décision du maire (UMP) de la ville, Gilbert Meyer, de fermer l’aéroport au plus tard le 31 décembre 2006. Car même si le site est encore officiellement en service, il n’a plus vraiment les moyens de fonctionner. L’état des lieux dressé par Joëlle Gérard, déléguée du syndicat national de l’aviation civile CFTC pour l’aéroport de Colmar, est éloquent : « Il n’y a plus de service incendie, les pompes à carburant sont à l’arrêt, tout comme le balisage de nuit de la piste et le système d’atterrissage par mauvais temps. » En effet, la municipalité de Colmar n’assure plus le contrôle technique journalier de ces installations, condition indispensable pour qu’elles restent en service. Une situation qui affecte non seulement l’aviation dite « de loisir », mais aussi et surtout le trafic aérien d’affaires et de passagers. Car deux compagnies, Alsair et Airailes, sont basées à Colmar-Houssen. « Cette situation met notre entreprise en péril car nous ne pouvons plus honorer d’importants contrats, se désole Brigitte Oumier, gérante de la société Airailes (dix salariés). Nous sommes écoeurés, Gilbert Meyer ne tient aucun compte de notre situation ». Contactée par 20 Minutes, la municipalité n’a pas souhaité s’exprimer sur le dossier, indiquant qu’une médiation était en cours. L. M.

chiffres L’aéroport de Colmar-Houssen s’étend sur 110 hectares, à la sortie de la ville. 4000 mouvements d’avions d’affaires y sont enregistrés chaque année. Le maire souhaite y installer une prison.