De l'infidélité des Alsaciens

Philippe Wendling

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L'Alsace serait la 6e région infidèle selon Gleeden.com, un site de rencontres extraconjugales. Lancée il y a un mois, l'offre Day use peine pourtant à séduire. Son principe : permettre à des couples illégitimes (ou non) de réserver incognito, via le Web, une chambre pour l'après-midi dans trois hôtels strasbourgeois. La ville serait puritaine ? « Non, mais compte tenu de sa taille, les gens ont peut-être un peu peur d'être reconnus, estime Claire-Lise Tessier-Baumann, la directrice du Beaucour. Les trois semaines après le lancement de l'offre Day use, nous n'avons eu aucune réservation. La semaine dernière, on en a eu trois. » Au Régent Petite-France, « nous n'en avons eu qu'une, précise Jean-Pascal Scharf, son patron. Nous ne cherchons pas une clientèle d'illégitimes, mais la formule est intéressante car elle permet à un professionnel à Strasbourg pour la journée de disposer d'un bureau entre deux rendez-vous. » Un avis partagé par Christine Claus, la propriétaire du Villa Novarina, le 3e hôtel à proposer du Day use. « Il faut sortir de l'image de l'illégitimité. La formule est pratique mais aussi mignonne pour des couples officiels. Je suis optimiste sur son potentiel », dit-elle refusant de parler de chiffres.

Les alibis bidons cartonnent
« Il ne s'agit que d'une officialisation des choses. Depuis toujours et dans tous les hôtels, des hommes ont payé des chambres pour passer un moment avec leur maîtresse, poursuit Claire-Lise Tessier-Baumann. Pour moi, le Day use c'est pour le fun, ce n'est pas un marché. »
« Si le Day use ne marche pas encore, c'est parce qu'ils ne sont pas passés par moi », plaisante Christine Barnicol. Cette habitante de Saint-Louis gère Alibi-beton.com, une société spécialisée dans les excuses bidons à but professionnel ou sexuel. Ses prestations se monnaient de 50 à 150 €. Elle reçoit en moyenne neuf demandes par jour, une trentaine à la Saint-Valentin. Des histoires d'adultères, elle en a vu passer depuis la création de son activité en 2007. « Les Alsaciens ne sont pas plus puritains que d'autres. C'est fini. J'en ai autant que de clients du reste de la France, d'Allemagne, de Suisse. » Pour leur permettre un moment tranquille avec leur illégitime, elle leur invente, par exemple, « un séjour zen, car les portables y sont interdits ce qui évite les coups de fil ».