La fermeture de Fessenheim en question

Philippe Wendling

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Corinne Lepage plaide pour la fermeture car la sûreté du site présenterait des failles.
Corinne Lepage plaide pour la fermeture car la sûreté du site présenterait des failles. — G. Varela / 20 Minutes

La doyenne du parc nucléaire doit-elle encore être exploitée ou pas ? Le tribunal administratif de Strasbourg a examiné, hier matin, une requête de l'Association trinationale de protection nucléaire (TRAS–ATPN) réclamant la fermeture de la centrale de Fessenheim.

Jugement rendu le 9 mars
L'association, qui regroupe des collectivités et des associations suisses, allemandes et alsaciennes, avait lancé la procédure en décembre 2008, après avoir vu sa demande déboutée par les ministres de l'Écologie et de l'Économie.
Pour elle, le site doit fermer car il présenterait des risques en cas de séisme et d'inondation. En outre, le nombre d'incidents constatés serait « le double » de ceux enregistrés dans les autres centrales françaises, avance Corinne Lepage, l'avocate de TRAS–ATPN et eurodéputée (Cap 21).
Réponse de Maître Emmanuel Guillaume, le conseil d'EDF, gestionnaire du site : « On parle d'incidents, mais ils sont peu nombreux et d'un niveau de gravité très faible. On appelle ça des anomalies, des écarts. La question de la sécurité est examinée très régulièrement. »
Le porte-parole de TRAS-ATPN Jean-Marie Brom trépigne. « La centrale ne saurait pas faire face à un incident majeur. Il existe un défaut dans la culture de la sûreté. »
Autre grief de Corinne Lepage, depuis son ouverture , le site n'a jamais connu de modifications des arrêts concernant « ses rejets dans l'eau. Les arrêts sont de 1977, ils ne concernent que les rejets radioactifs, pas les chimiques. » Partant de ces constats, elle « demande tout simplement la fermeture de la centrale. Il n'y a pas d'autre solution possible. »
Une interprétation aux antipodes de celle du rapporteur public qui préconise « le rejet de la requête ». Dans son avis, il a estimé que les arguments de l'association ne justifiaient pas la fermeture du site. Et que sa « démarche était inefficace » car elle repose uniquement sur une idée « de tout ou rien ».
Le tribunal administratif rendra son jugement le 9 mars.