Un téléphone portable d'alerte pour les femmes en grand danger

Philippe Wendling

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Le procureur Patrick Poirret, hier.
Le procureur Patrick Poirret, hier. — G. Varela / 20 Minutes

« C'est un moyen supplémentaire, pas le nec plus ultra », mais il a déjà fait ses preuves, notamment en Espagne. Une convention de mise en place (18 000 €) d'un « dispositif de téléprotection pour des femmes en très grand danger » dans le département a été signé, hier, par une quinzaine de partenaires. Dont l'Etat, la ville, le conseil général, les forces de l'ordre et des associations.
Son principe, doter d'un téléphone portable des femmes battues exposées à des risques graves de récidives de la part de leur ancien agresseur. « Le téléphone est équipé d'un petit bouton qui permet de rentrer en contact direct avec Mondial assistance, explique Patrick Poirret, procureur de la République à Strasbourg. Après avoir vérifié les informations, Mondial assistance prévient sur une ligne dédiée la police et la gendarmerie. »

1 500 dossiers de violences conjugales
Lancé pour un an à titre expérimental, le dispositif s'appliquera à dix femmes, dès janvier. Mais d'autres pourraient en bénéficier progressivement. Et pour cause, 1 500 dossiers de violences conjugales sont entre les mains de la justice dans le département. Patrick Poirret a déjà reçu trois demandes de téléphone. L'une d'elle émane d'une femme dont l'ex-conjoint, qui va bientôt de sortir de prison, « la menace de mort par courrier » et présente « des risques de passage à l'acte selon les psychiatres ».
En France, seules 25 femmes de Bobigny disposent du système. Elles l'ont utilisé 38 fois en un peu plus d'un an, donnant lieu à 22 interventions de la police. Dans tous les cas, leurs anciens agresseurs n'ont pas réussi à entrer en contact direct avec elles. En Espagne, en 6 ans, 105 000 téléphones ont été distribués. Le garde des Sceaux Michel Mercier, absent hier pour « des raisons familiales », a indiqué dans un message qu'il envisageait que le dispositif « puisse à terme être généralisé à l'ensemble du territoire » national. Le maire (PS) Roland Ries espère, lui, qu'Orange, l'opérateur qui le gère, « trouve un accord pour qu'il fonctionne aussi depuis Kehl ».