Des marchés de Noël sous haute protection

Philippe Wendling

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Des patrouilles d'agents en uniforme et en civil sont organisées sur les marchés.
Des patrouilles d'agents en uniforme et en civil sont organisées sur les marchés. — G. Varela / 20 Minutes

Le plan Vigipirate est à l'image du Père Noël : rouge. Des risques d'attentat planeraient sur la France, dixit les autorités. Pour autant, pour les commerçants et visiteurs des marchés de Noël de la ville, les menaces sont loin de leurs préoccupations. « Si on écoutait tout ce qui se raconte, on ne ferait plus rien, estime Véronique, 28 ans, venue d'Ile-de-France. Pourquoi serions-nous plus en insécurité ici que dans le métro parisien ou ailleurs ? » Même son de cloche (de Noël) chez Lorette Foignet, qui tient un stand de bougies, place de la Cathédrale. « J'essaye de ne pas penser qu'il pourrait arriver quelquechose de grave. Je positive. On regarde tout de même s'il n'y a pas un paquet suspect qui traîne. »

Des rondes et des caméras
Sur les menaces terroristes, Francis Jaecky, chargé de la sécurité à la CUS, préfère « ne pas répondre », tout en précisant « qu'elles sont prises en compte ». Exemple, les poubelles publiques sont transparentes, le service de propreté « les vide plusieurs fois par jour ».
De façon plus générale, le dispositif de sécurité est « bien rodé », poursuit Francis Jaecky. Il privilégie les relations entre la préfecture, la ville et les forces de l'ordre, dans l'objectif, notamment, de lutter contre le vol et la mendicité, mais aussi de renseigner les touristes. Ainsi, « 8 à 10 policiers municipaux patrouillent tous les jours, précise-t-il. Les effectifs sont renforcés le week-end. La nationale fait aussi des rondes », secondée par au moins une demi compagnie de CRS, soit 35 à 40 personnes. « Il y a, en outre, ce qui n'est pas visible », sous-entendu les agents en civil, sourit Francis Jaecky. « Les policiers passent, viennent discuter, se réjouit Jean-Pierre Dessousa, qui vend des personnages fait à la main, place de la Cathédrale. C'est rassurant. Un effort a aussi été fait pour la surveillance des stands la nuit. Ce serait juste bien qu'il y ait des policiers quand on les ferme, car on part avec la caisse. »
Si les forces de l'ordre tournent, elles utilisent aussi la vidéosurveillance. Les 12 places accueillant les marchés étant très usitées le reste de l'année, elles sont toutes équipées en caméras. La petite histoire retiendra que la tentative, déjouée en 2000, d'un attentat sur la cathédrale et son marché de Noël avait poussé la municipalité à investir dans la vidéosurveillance, dès 2002-2003. Depuis, plus de 300 caméras ont été installées dans la CUS, la majorité à Strasbourg.

Poste de secours

Un poste de secours, animé par des associations de protection civile, a été aménagé dans un préfabriqué place du Château, devant le musée de l'Œuvre Notre-Dame. Il est ouvert le mercredi et le week-end, aux horaires des marchés.