Illuminations, ça va encore Bardet

Sonia de Araujo
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Chaque année, Pierre Bardet dessine lui-même de nouveaux décors lumineux qui participent au succès de Strasbourg, capitale de Noël.
Chaque année, Pierre Bardet dessine lui-même de nouveaux décors lumineux qui participent au succès de Strasbourg, capitale de Noël. — G. Varela / 20 Minutes

   Pour obtenir un rendez-vous avec Pierre Bardet, mieux vaut s'armer de patience. Le directeur général des Vitrines de Strasbourg – la plus grande asso de commerçants de France – n'est pas du genre à chômer. « J'ai plein de projets, ça n'arrête pas. C'est mon problème », lance-t-il, au taquet. Chère à son coeur, la période de Noël est, pour lui, des plus intenses. Depuis 10 ans, Pierre Bardet participe à l'élaboration des illuminations, dessinant et supervisant la fabrication de nouveaux modèles. « Dès que j'ai une idée, je la note. Et ça m'arrive à tout moment : quand je regarde un film ou au milieu de la nuit. Pas facile de vivre avec moi ! », lâche-t-il avant d'ajouter, le sourire aux lèvres : « Les gens disent de moi que j'ai toujours une idée d'avance. » 

 Une pluie d'étoiles filantes à Rivétoile
Après la porte de lumière, l'arbre bleu, – son « bébé » – cet aventurier de la boule de Noël nous réserve encore des surprises pour le lancement des illuminations : une pluie d'étoiles filantes colorées près de Rivétoile s'illuminera vendredi dès 18 h 30. « J'agis sur le domaine public, ce que je fais des millions de personnes le voient. C'est une grosse prise de risque. Apporter une touche de bleu [sa couleur préférée] à Strasbourg ce n'était pas gagné », s'enorgueillit-il. Ce quinquagénaire – il ne nous précisera pas son âge par coquetterie – « aime les paris audacieux ». Des ratages ? « Non. » Pour preuve, la soirée des illuminations rassemble chaque année des milliers de personnes. Son secret ? Faire appel à des vedettes. « C'est son côté très strass et paillettes », dixit Eric Elkouby, l'adjoint chargé des marchés. Après Jane Manson et Yves Duteil, il a jeté cette année son dévolu sur Antoine de Caunes et Nicoletta. Et gare à ceux qui oseraient qualifier ses invités de populaires voire de ringards. « Je ne suis pas là pour faire de l'activité culturelle haut de gamme. Je ne veux pas de stars qui n'aiment pas se mêler aux gens. » Car l'objectif premier de ce Bordelais d'origine, issu d'une famille de commerçants, est bel et bien de « faire bouger » la ville dont il s'est entiché, il y a plus de 30 ans. 

 Son slogan : « ça va Bardet en 2014. »
En effet, Pierre Bardet est un homme aux mille projets. Il va doter les Vitrines d'une application iPhone. Il écrit également. Après Lumière sur Ma ville, il envisage de publier d'autres livres. Un sur les illuminations, un autre sur les femmes en Alsace, puis, pourquoi pas, une bio. « Ce sera croustillant, les maires ont changé, moi, je suis toujours là », s'amuse-t-il. Il avoue d'ailleurs être titiller par la politique. « Avec mon job, je suis déjà dedans. Le projet de la place du Château (suppression du parking), je l'ai bloqué pendant 10 ans ». Et, « j'ai déjà mon slogan : ça va Bardet en 2014. »