La cigogne à l’abri de la grippe pour l’hiver

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Les 750 cigognes répertoriées en Alsace ont peu de risque d’être contaminées par le virus de la grippe aviaire, du moins pour l’instant. « Elles sont parties début septembre vers l’Espagne », explique Claude Rink, directeur du zoo de l’Orangerie, à Strasbourg. Une migration qui ne concerne qu’un tiers de la population, les autres restant dans la région. Le risque est d’autant plus faible que les spécimens alsaciens ne passent pas par le détroit du Bosphore. Cette zone à haut risque de contamination n’est survolée que par les cigognes venant de Sibérie et d’Europe de l’Est. Mais la possibilité de contamination n’est pas écartée pour autant. La plupart des cigognes, qu’elles passent par l’Espagne ou la Roumanie, établissent en effet leur demeure hivernale en Afrique. Une cigogne occidentale pourrait ainsi y croiser un oiseau de l’Est infecté et ramener le virus en Alsace. « Seulement si elle survit au voyage du retour, nuance Christian Braun, directeur régional de la Ligue de protection des oiseaux. En général, une sur deux meurt pendant la traversée du désert. Atteinte de ce virus très virulent, elle aurait donc peu de chance d’y parvenir. » Toutefois, le risque de contamination peut également venir des cigognes de passage. Celles qui poursuivent leur chemin jusqu’en Pologne pourraient poser problème car elles migrent pour certaines via la France, et pour d’autres via la Roumanie. « On pourrait assister à une contamination entre des espèces qui se retrouveraient au printemps », avance le protecteur des oiseaux. La vigilance sera donc accrue pour le retour des grands échassiers en Alsace, vers la fin mars. Linda Cortey

canards La grippe aviaire concerne aussi les 60 000 oiseaux d’eau qui nidifient dans la région, pour la plupart des canards col-vert. Leur migration peut les amener à rencontrer d’autres espèces en provenance de l’est.