Nouvel incident à Fessenheim

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Une répétition qui inquiète. Après les incidents des 18 et 29 septembre – classés 1 sur une échelle de gravité qui en compte 7 –, la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) a signalé une nouvelle défaillance. Vendredi, durant la matinée, « les balises de surveillance de la radioactivité se sont déclenchées, entraînant l’évacuation de 183 salariés ou sous-traitants », explique la centrale. Après examen, il est apparu que quatre intervenants – qui travaillent à la maintenance du réacteur 1, actuellement à l’arrêt – ont été « très légèrement contaminés ». Selon la direction, les employés auraient été « exposés à des zones mille fois en dessous du seuil » jugé comme ayant un impact sur la santé. Jean-Marie Brom, chercheur au CNRS en physique nucléaire et porte-parole en Alsace du réseau Sortir du nucléaire, s’inquiète de la multiplication de ces incidents. « Cette accélération traduit le vieillissement de la centrale. Il faudrait changer les pièces, les renouveler, mais cela coûte cher. Il y a donc un relâchement au niveau de la sécurité. » L’âge avancé du site ne serait pas la seule cause de ces défaillances. Selon Pierre Schmitt, président du comité local de surveillance de la centrale, « 80 % des incidents sont dus à des erreurs humaines ». Souvent pointé du doigt, le personnel sous-traitant n’est pas forcément seul responsable : « Les internes d’EDF commettent également des erreurs, poursuit-il. On parle d’une culture de la sûreté nucléaire, cela doit passer par une bonne formation. C’est d’autant plus nécessaire que les techniciens qui connaissaient bien la centrale ont pris leur retraite. Les nouveaux sont formés sur des réacteurs récents. » Jonathan Barbier

vieillissante Mise en service en 1977, la centrale de Fessenheim subira dans deux ans une révision décennale. Elle fournit 3 % du nucléaire français, et 17 % de sa production est destinée à l’Allemagne.