La CUS met ses routes au régime sans sel

Sonia de Araujo

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L'épisode neigeux de cet automne 2010 a commencé par toucher l'est de la France.
L'épisode neigeux de cet automne 2010 a commencé par toucher l'est de la France. — Archives G. Varela / 20 Minutes

En février, une cellule de crise a été activée à la CUS. A la suite d'importants épisodes neigeux, le stock de sel de l'agglo a fondu comme neige au soleil. Avec à peine 1 000 tonnes de sel contre 4 500 habituellement, le salage des routes a été réduit au strict minimum, les grands axes et les lignes de transports en commum. Pour cet hiver, la CUS a retenu la leçon. Elle a décidé non pas d'augmenter son stock mais de limiter encore plus l'usage du sel. « La pénurie nous a confortés dans l'idée qu'on pouvait bien faire différemment », lance Caroline Barrière, vice-présidente à la CUS en charge de la viabilité hivernale.

Seuls les axes vitaux seront traités dès les premières neiges
En test l'an dernier à Strasbourg, Vendenheim et Illkirch, le salage différencié, en fonction de la météo et de la fréquentation des voies, sera étendu aux 28 communes de la CUS du 1er novembre au 31 mars. Ainsi, « seuls les axes dits vitaux, c'est-à-dire 250 km de routes structurantes à forte circulation, seront systématiquement traités, 24 h sur 24 h, dès les premières neiges », explique Romuald Sutter, chef de service. Le réseau primaire avec les pistes cyclables prioritaires, les arrêts de bus et de tram et l'accès aux écoles, seront salés avant 7 h. Enfin, les voies secondaires et résidentielles ne seront, elles, traitées qu'en cas de neige forte (plus de 2 cm) et de verglas. Sauf à Strasbourg, où l'expérimentation va plus loin, ces voies ne seront salées qu'en cas de verglas uniquement. « A ces mesures, s'ajoutent des saleuses équipées aux deux tiers de saumure. On économise entre 10 % et 20 % de sel. L'an dernier, 1 500 tonnes ont été ainsi conservées », précise Romuald Sutter. Au total, 7 250 t, à 70 € la tonne, ont été utilisées l'an dernier contre 3 000 normalement. En plus d'être économique, ce dispositif « s'inscrit dans la démarche environnementale déjà engagée par la CUS avec le dispositif Zéro pesticides », souligne Françoise Buffet, adjointe à l'environnement. Les abus de salage sont nocifs pour la biodiversité en s'infiltrant dans la nappe phréatique. Ils détériorent les stations d'épuration et les chaussées ». Mais, ajoute-t-elle, « la sécurité des habitants reste notre principale préoccupation. Les axes ont été choisis en accord avec les communes. De plus, l'an dernier, il n'y a pas eu d'incident majeur ». Une campagne de sensibilisation aux abus du salage et à l'importance du déneigement des trottoirs sera bientôt menée.

La carte du salage

Des cartes des axes vitaux, primaires et secondaires, différemment salés, seront disponibles début novembre sur le site www.strasbourg.eu et dès le 15 novembre dans les mairies.