Le chauffard de Berrwiller jugé trois ans après le drame

JUSTICE Il est accusé d'avoir délibérément foncé dans la foule de la fête de la bière en juin 2007...

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Sept jours de procès. La cour d'assises de Colmar examine à partir de ce matin le cas d'Abdelkader Gridda, accusé d'avoir délibérément foncé dans la foule de la fête de la bière, la Humpafascht, de Berrwiller dans la nuit du 29 au 30 juin 2007. Grièvement touché, le gardien du club de football de Raedersheim, Benoît Prost, 21 ans, devait décéder deux jours plus tard. Seize autres personnes ont été blessées dans le drame, dont deux grièvement.

Un acte prémédité ou non ?
L'accusé, aujourd'hui âgé de 26 ans, a d'abord donné une version accidentelle des faits. Expulsé de la fête en raison de son comportement agressif, il aurait été incité par son passager, et par « un jet de pierre et des coups de pied sur sa voiture », à faire demi-tour. La justice n'a pas, pour autant, engagé de poursuites à l'égard du passager qui aurait plutôt joué un rôle de modérateur.
Après plusieurs interrogatoires Abdelkader Gridda a reconnu avoir fumé des joints ce soir-là. Son taux d'alcoolémie s'élevait à 1,21 gramme et sa vitesse au moment du drame a été estimée entre 50 et 60 km/h.
Abdelkader Gridda qui devait au départ être jugé pour assassinat, a été renvoyé il y a un an devant la cour d'assises pour « homicide volontaire », sans préméditation. Christine Laissue Strapovodis, qui assure depuis peu sa défense va demander aux jurés de ne retenir que des « violences volontaires ayant entraîné la mort ». Elle évoquera, dit-elle, la personnalité de son client, un jeune homme « gentil, serviable, profondément bouleversé, et dans l'incapacité aujourd'hui encore d'expliquer son geste ». Quant à Thierry Moser, qui conseille la famille de Benoît Prost, il pourrait renoncer à plaider la préméditation. Le procès devrait s'achever le 5 novembre. Abdelkader Gridda encourt une peine de 30 ans de réclusion.Valérie Koelbel