Des stations en panne sèche de carburant

Sonia de Araujo

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La station-service, rue Boecklin, à la Robertsau, était fermée hier à la mi-journée.
La station-service, rue Boecklin, à la Robertsau, était fermée hier à la mi-journée. — G. Varela / 20 Minutes

Hier matin, cinq clients sont regroupés devant la caisse de la station-service de l'avenue des Vosges : « C'est vrai qu'il y a pénurie ? » « L'essence ne marche pas. Comment ça se fait ? » L'employée tente, tant bien que mal, de calmer les esprits. « Il y a de l'essence. Réessayez, vous devez être garé trop loin. Il manque juste du gazole et le problème devrait être réglé dans la journée », promet-elle. Sur certaines pompes de cette station, on lit en effet les indications « vide » ou « hors service ». Une situation commune à de nombreuses autres stations en France suite aux différents mouvements sociaux, notamment dans les raffineries.

Un plein limité à 40 €
Hier, la station Agip à la Robertsau a fermé ses portes. Total, boulevard de la Victoire, et Shell, boulevard de Lyon, ont fonctionné normalement. Au Cora de Mundolsheim, à 12 h, une pancarte affichait « Carburant épuisé ». « Il faut revenir demain à partir de 7 h 30 », indique un employé aux conducteurs. Au Leclerc de Schiltigheim, le plein est limité à 40 €. « Une mesure de sécurité pour que chacun des clients puisse repartir avec du carburant », précise-t-on à la grande surface. Pour autant, ces pénuries n'inquiètent guère Hugues, conducteur de taxi à Strasbourg. « Tout le monde sait qu'en cas de souci, on peut toujours aller se ravitailler en Allemagne. » A la Société européenne de stockage, qui s'occupe de l'approvisionnement des principales stations-service de la région, « la direction est en déplacement à Paris toute la semaine. On ne peut rien dire. Mais les mouvements de grève, les blocages de routier n'ont rien changé ». La préfecture n'a pu nous fournir le chiffre des stations en panne sèche.