Série d'actes racistes à Strasbourg: «Les enquêtes avancent»

A Strasbourg, Philippe Wendling

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Trente-sept tombes ont été profanées dans un cimetière au sud de Strasbourg, à la Meinau, le 24 septembre 2010.
Trente-sept tombes ont été profanées dans un cimetière au sud de Strasbourg, à la Meinau, le 24 septembre 2010. — AFP PHOTO / PATRICK HERTZOG

Une triste série. Depuis janvier, quatorze actes à caractère raciste ou antisémite ont été commis à Strasbourg et sa communauté urbaine. Des tombes juives et musulmanes ont été profanées, des graffitis, tels que des croix gammées et des sigles SS ont été inscrits sur les domiciles de personnalités.

«Les enquêtes avancent. Nous sommes dans une première phase d’identification des auteurs, c’est un travail de longue haleine, a indiqué Régis Delorme, procureur de la République, ce vendredi matin. Il est bien évident que les gens qui commettent ce type de délits prennent des précautions qui rendent difficile leur identification.» Des témoignages et des images de vidéosurveillance auraient mis en évidence que les auteurs de certains faits portaient «des cagoules».

Une seule personne interpellée

Une cellule, composée actuellement de six enquêteurs, est dédiée à ces profanations et agressions depuis janvier, précise Régis Delorme. Leurs investigations ne permettent pas encore de déterminer si elles ont été commises «par un groupuscule organisé ou des auteurs isolés. Les recherches s’orientent vers différentes pistes, rien ne permet de dire quelles sont les motivations des auteurs.»

Pour le moment, seul un habitant de Bischheim, une commune à la périphérie de Strasbourg, a été interpellé. Le week-end dernier, l’homme de 30 ans avait brûlé un Coran, avant d’uriner dessus, en direct sur Internet. Il devrait être jugé dans les semaines à venir «pour provocation et incitation à la haine raciale». L’individu n’aurait pas de lien connu avec l’extrême droite.

Des caméras dans les cimetières

A l’issue d’une réunion, ce vendredi matin, avec des parlementaires alsaciens et des représentants de la région, de la mairie de Strasbourg et de sa communauté urbaine, le préfet Pierre-Etienne Bisch a vivement condamné ces actes. Il va demander aux services de police «de faire un diagnostic de sensibilité» aux agressions des sites religieux et cimetières de la région.

Le représentant de l’Etat envisage également d’inscrire au budget 2011 une extensions des systèmes de vidéosurveillance, notamment à l’entrée des cimetières. «Je ne pense pas que je rencontrerai de problème, si je propose ça au ministère, estime-t-il. Des caméras dans les cimetières, on en n’est pas encore là, mais l’idée ne me choque pas.»

De façon plus symbolique, le préfet et les représentants des collectivités ont signé un texte commun, ce vendredi matin, pour «affirmer une unité républicaine». Ils ont également décidé de travailler ensemble «sur la dimension éducative», en lien avec le rectorat.

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