Les religieux condamnent les actes racistesL'Etat finance la vidéosurveillance du cimetière

Sonia de Araujo

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Les représentants religieux ont lu leur déclaration commune, hier à l'Hôtel de ville.
Les représentants religieux ont lu leur déclaration commune, hier à l'Hôtel de ville. — F. Florin / AFP

« Devant tant de provocation, nous voulions marquer notre unité au titre de notre responsabilité religieuse », a indiqué l'archevêque Jean-Pierre Grallet. Les représentants des 4 principaux cultes ont, hier, dans une déclaration commune, « condamné solennellement » les actes racistes et xénophobes qui ont été perpétrés dans la CUS depuis le début de l'année. Jean-Pierre Grallet, Jean-François Collange, le président des Eglises protestantes d'Alsace et de Lorraine, Claude Heymann, l'adjoint du grand rabbin et Driss Ayachour, le président du Conseil régional du culte musulman ont remis cette déclaration au maire-sénateur PS, Roland Ries.

« Une vigilance active »
« Ces agressions actuelles [...] invitent à une vigilance active pour prévenir toute agression nouvelle et promouvoir la cohésion sociale », ont-ils écrit. Une initiative « visant à défendre les valeurs de tolérance et de fraternité » saluée par Roland Ries. Le maire entend « mobiliser le monde universitaire pour, via des colloques, comprendre les raisons de la multiplication de ces actes ». L'édile avait lancé, lundi, un appel pour « former un front républicain de refus de l'inacceptable ». Depuis, 3 500 signatures ont été recueillies sur le site de la ville, 500 sur Facebook. Celles du groupe UMP et du député PS, Armand Jung n'y figurent pas. Pour la droite,cet appel n'est pas « une solution ». Pour le député socialiste, il est « insuffisant, écrit à la hâte. Le maire ne met pas en cause la politique du gouvernement, le discours de Grenoble comme le projet de loi Besson. Moi, je le fait », a-t-il précisé. « Chacun est libre de ses choix. D'un côté, on me reproche de ne rien faire, de l'autre de trop en faire », a rétorqué Roland Ries.« L'Etat participera à hauteur de 40 % de la somme au financement de la vidéosurveillance du cimetière de la Meinau », a déclaré, hier, Jean-Philippe Maurer, député du Bas-Rhin (UMP). Une trentaine de tombes de ce cimetière avaient été profanées le 24 septembre. « L'accord de principe vient de lui être donné par téléphone », précise le communiqué. « Reste maintenant à la ville et à la communauté urbaine de Strasbourg de monter [...] le dossier », souligne le député. Une annonce, « coup de pub », dénoncée par Jacques Bigot (PS), président de la CUS. « Depuis quand une annonce gouvernementale se fait par téléphone ? En outre, si des moyens supplémentaires d'investigation sont mis en place, ils ne seront pas rendus public. » Une réunion avec les collectivités et le préfet se tient ce matin.S. de A.