L'Alsace veut faire son marché en Chine

Philippe Wendling

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Le pavillon Alsace à l'Expo universelle de Shanghai, la « vitrine de l'économie locale ».
Le pavillon Alsace à l'Expo universelle de Shanghai, la « vitrine de l'économie locale ». — P. Wendling / 20 Minutes

« Nous encourageons nos entreprises à investir en France et notamment en Alsace », clamait à la mi-juin Zhang Weiguo, le vice-gouverneur de la province du Jiangsu, lors des 3e Rencontres de la coopération franco-chinoise, à Nankin. Malgré ces encouragements, aucune société chinoise ne s'est encore installée dans la région. En cause, entre autres, « les différences de normes de production et de coût du travail », estime un spécialiste de l'économie locale sous couvert d'anonymat. Le salaire minimum en France est six à sept fois supérieur au revenu moyen d'un ouvrier chinois.

Un marché à l'export pour 125 boites
Dans le sens inverse, en revanche, de plus en plus d'entreprises alsaciennes s'intéressent au marché chinois et à ses 1,3 milliard de consommateurs potentiels. « Elles sont près de 125 à exporter leurs produits vers la Chine, une dizaine à y posséder des usines ou des bureaux », précise Luc Gaillet, le directeur général de l'agence de développement économique Alsace International. Parmi ces industriels, le Schilikois Caddie qui compte y réaliser cette année un chiffre d'affaires de 12 millions d'euros. Il détient déjà quelque 70 % de la production de chariots de supermarché en Chine. « Nous y exportons depuis une douzaine d'années et y possédons une usine pour le marché de l'Asie et de l'Amérique Latine depuis 2004, explique Pascal Mouserand, le directeur commercial de la marque. Comme nous recherchons la croissance au niveau du groupe, être présent en Chine était préférable pour une question de coûts logistiques. » Autre exemple, la société Dollfus & Muller vend en Chine des tissus techniques produits par ses 52 salariés à Heimsbrunn. « Ces affaires contribuent à donner du travail à notre usine haut-rhinoise, ce qui était important pour assurer sa pérénnité. Nous réalisons en Chine 10 % de nos ventes », s'enthousiasme David Fauconnier, son directeur commercial.

Miser sur les pôles de compétitivité
« La Chine représente un tel marché, que nous devons y tenir notre place », estime Philippe Richert, le président (UMP) de la région. Pour cela, il mise, notamment, sur les nouvelles technologies médicales et environnementales détenues par les pôles de compétitivité Alsace Biovalley et Energivie. « Les nouvelles mobilités que nous développons dans la région, comme l'autopartage, peuvent aussi intéresser les Chinois », ajoute Jacques Bigot, le président (PS) de la CUS. Une raison pour laquelle Alsace International organisera, en septembre à Shanghai, une mission de prospection avec des entreprises du Pôle véhicule du futur. La Chambre de commerce et d'industrie du Bas-Rhin et celle de Métiers d'Alsace ont aussi prévu des voyages avec des entrepreneurs, à l'occasion de la tenue du pavillon de l'Alsace à l'Exposition universelle de Shanghai. « Ce pavillon, dixit Philippe Richert, doit servir de vitrine aux savoir-faire de notre économie locale. »