La ville fait preuve d'une grande diplomatie

Cédric Lang-Roth

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En raison de la présence du Conseil de l'Europe, la ville accueille 47 ambassades.
En raison de la présence du Conseil de l'Europe, la ville accueille 47 ambassades. — G. Varela / 20 Minutes

« Il n'y a que trois villes dans le monde qui accueillent des ambassades sans être des capitales d'Etat : Genève, New York et… Strasbourg. » Nawel Rafik-­Elmrini, adjointe chargée des relations internationales et européennes, se félicite de cette spécificité. En raison de la présence du Conseil de l'Europe, la capitale alsacienne accueille 47 ambassades et 41 consulats. En tout 58 nations. A titre de comparaison, Nantes, qui compte presque le même nombre d'habitants, n'accueille que 22 consulats. La moitié de ces consuls sont honoraires et Strasbourgeois. Contactés par les pays pour les représenter, ils ne perçoivent aucune indemnité.

Consul dans son appartement
Certains travaillent chez eux. C'est le cas d'Eric Mayer-Schaller, le représentant de Malte. Entre son bureau et son appartement, une simple porte. « C'est pratique pour les petits Etats, sinon ils doivent trouver des locaux, explique-t-il. Je n'ai pas d'assistant. Mes seuls frais, ce sont les frais de bureaux. »
Entre les papiers administratifs, comme les pièces d'identité, et les contacts à tisser avec les entreprises locales, les consuls ont un emploi du temps souvent chargé. Mais qui a tendance à s'alléger. De plus en plus de demandes sont traitées par leur ambassade de tutelle, à Paris. Ils servent alors d'intermédiaire. Restent enfin les mondanités. « Nous organisons souvent des déjeuners ou des dîners », insiste Pierre-Etienne Weiss, le consul de Suède.
Cette forte présence diplomatique a des retombées sur la ville. Lors des sessions, des milliers de personnes viennent à Strasbourg. « Le taux d'occupation des hôtels dans la CUS est alors de 93 %, explique Bruno Jahn, le directeur du groupement des hôteliers du Bas-Rhin, contre 60 % le reste du temps. » Quatre hôtels en particulier tirent leur épingle du jeu. Les deux Régent, le Hilton et le Sofitel. Impossible en revanche d'obtenir des chiffres précis sur cette fréquentation.
Autre avantage, l'attractivité de Strasbourg. Selon Nawel Rafik-Elmrini, « cela facilite la présence de hautes personnalités. C'est la preuve que notre ville joue un rôle politique. » Et avec de fréquentes ouvertures de nouveaux consulats – le dernier en date, celui de la République tchèque il y a moins d'un an –, la dynamique ne semble pas prête à s'arrêter.

étude

La ville de Strasbourg a bien compris l'importance des diplomates. Elle a commandé il y a quelques mois une étude complète des retombées, principalement économiques, de leur présence. Les résultats sont attendus à la rentrée.