Anja linder et la harpe magique

Marie druart

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Ici, aux commandes de sa harpe électro-pneumatique.
Ici, aux commandes de sa harpe électro-pneumatique. — g.varela / 20 minutes

Paraplégique depuis le drame de Pourtalès en 2001 – un arbre s'était abattu sur la foule, faisant 13 morts et 102 blessés –, la harpiste Anja Linder accompagnera la soprano Nathalie Gaudefroy ce soir, lors d'un récital donné au conservatoire. La Strasbourgeoise de 35 ans continue à pratiquer son art grâce à une harpe électro-­pneumatique aménagée, baptisée « l'Anjamatic ». « Je ne pouvais pas faire le deuil de la musique en plus de celui de la marche », dit-elle. L'instrument, normalement muni de sept pédales, est ici équipé d'un bloc de commande automatique. Cette automatisation lui permet d'élargir son répertoire.

« Un instrument à part entière »
« Je n'ai plus de problèmes d'altération. Le répertoire pour harpe peut être assez mièvre, alors ce système m'arrange ! », sourit Anja. Aujourd'hui, elle se bat pour faire connaître l'Anjamatic. « C'est un instrument à part entière. Il offre des possibilités qui dépassent le fait de permettre à des harpistes paraplégiques de jouer », défend-elle. Au programme, Tchaïkovsky, Liszt et une pièce écrite pour son instrument. « Le changement automatique de pédale produit une résonance que je dois étouffer. On a exploité ce son », explique Anja.