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HommageL’Alsace n’oublie pas les 86 victimes juives gazées au Struthof

Strasbourg : Les 86 victimes juives gazées au camp nazi du Struthof toujours dans les mémoires 80 ans après

HommageUn hommage a été rendu dimanche à Strasbourg aux 86 Juifs assassinés en 1943 dans la chambre à gaz de Natzweiler-Struthof, l’unique camp de concentration nazi en France, alors installé en Alsace annexée.
Archives. Le camp du Struthof à Natzweiller (Alsace) le 24 06 2012.
Archives. Le camp du Struthof à Natzweiller (Alsace) le 24 06 2012. - G. V /20 MINUTES / 20 MINUTES
Gilles Varela

G.V. avec AFP

Le devoir de mémoire, celui de ne pas oublier que 86 juifs ont été assassinés en 1943 dans la chambre à gaz de Natzweiler-Struthof, l’unique camp de concentration nazi en France, alors installé en Alsace annexée. « Il ne faut pas que la mort ait le dernier mot », a rappelé l’historien Raphaël Toledano lors d’un hommage rendu aux victimes dimanche à Strasbourg. Un hommage qui s’inscrit dans la traditionnelle Cérémonie annuelle du souvenir des déportés, instaurée après la Seconde Guerre mondiale, a rappelé dans un communiqué le Consistoire israélite du Bas-Rhin.

« Il nous appartient aujourd’hui de dire sans relâche le nom des 86 victimes. De raconter leur histoire, de les transmettre aux générations futures et ainsi de restituer leurs voix ainsi que celle des six millions de Juifs disparus » dans l’Holocauste, a-t-il lancé aux quelques dizaines de personnes rassemblées sous une chaleur écrasante dans le cimetière israélite de Cronenbourg, dont plusieurs élus locaux et la préfète du Bas-Rhin. « Nous devrons tout faire pour rappeler sans cesse la mémoire de ces 86 Juifs et répéter que ces 29 femmes et ces 57 hommes », âgés de 17 à 64 ans, « ont été à la fois victimes d’une science dévoyée et mortifère […] et victimes de la Shoah », a-t-il ajouté.

Initialement, 109 Juifs (30 femmes et 79 hommes) avaient été sélectionnés à Auschwitz afin de constituer à Strasbourg une « collection de squelettes juifs », selon les mots du médecin SS August Hirt, rappelés par Raphaël. Toledano. « Une sorte de musée zoologique d’une race appelée à disparaître », a commenté l’historien.

Un « travail de mémoire »

Le 2 août 1943, 86 parviendront au Struthof où, entre mai 1941 et novembre 1944, 52.000 personnes venues de toute l’Europe furent internées. Les 86 victimes juives y seront « assassinées dans une chambre à gaz rudimentaire entre les 11 et 18 août », puis acheminées à l’institut d’anatomie strasbourgeois, selon Raphaël. Toledano. En 1944, devant l’avancée des Alliés, August Hirt ordonnera de détruire les corps, tâche qui ne sera que partiellement réalisée : les Alliées découvriront ceux restants en décembre 1944, avant que d’autres fragments ne soient retrouvés en 2015 par l’historien.

Egalement médecin, Raphaël Toledano avait découvert en 2015 à l’institut de médecine légale de Strasbourg des restes de victimes de l’anatomiste nazi August Hirt, directeur de l’institut d’anatomie de la Reichsuniversität de Strasbourg alors que l’Alsace était annexée par l’Allemagne hitlérienne. « Ce travail de mémoire » et « de recherche est un travail d’exhumation, au propre comme au figuré, de ces personnes », a déclaré Marion Mendelzweig, dont la grand-mère et l’une des tantes ont péri au Struthof. « Il ne faut pas que la mort sous cette forme de violence inhumaine ait le dernier mot. »

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