Les Strasbourgeois mordent à l'hameçon du Street fishing

Texte : Sonia de Araujo photos : GIlles Varela

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Les adeptes de la pêche urbaine ont participé à l'Open de Street fishing organisé samedi et dimanche dans la capitale européenne.
Les adeptes de la pêche urbaine ont participé à l'Open de Street fishing organisé samedi et dimanche dans la capitale européenne. — Photos G. VARELA / 20 MINUTES

« Y'a du poisson ici ? », s'étonne un passant. Sous le regard médusé des touristes, au pied des maisons à colombages, le Strasbourgeois Ken Poincelet vient de lancer sa ligne dans l'Ill. Comme une quarantaine d'autres pêcheurs disséminés un peu partout en ville, il participe à l'Open de Street fishing – comprenez de pêche urbaine – organisé ce week-end dans la capitale européenne.
Exit la tenue kaki et le tabouret du pêcheur tradi, ici le look jean basket, la canne à pêche hyper sophistiquée s'imposent. Tout comme les anglicismes... « Je suis en train de faire un walking the dog [technique dite de la promenade du chien] », explique Benoît Clair, 30 ans, en donnant des à-coups à sa canne. Cet autre street fisher, placé devant la médiathèque André Malraux, a, comme chacun des concurrents, 40 minutes pour pêcher dans ce secteur, délimité par 500 mètres de berges, avant de rejoindre le prochain « spot ». « C'est une pratique assez sportive. Sur deux jours, les participants parcourent en moyenne 10 kilomètres, explique David Pierron, le président de l'asso Des rives urbaines, organisatrice de l'événement avec l'asso française de compétition de pêche aux leurres. On n'attend pas que le poisson morde à l'hameçon. On le traque sous les péniches, au pied des ponts. » A chaque millimètre de poisson péché, le compétiteur gagne un point. En outre, si la bestiole ne retourne pas à l'eau, le compétiteur est sanctionné. C'est le principe du « no kill ». « On utilise des larves artificielles et on essaie de traumatiser le moins possible l'animal. Le poisson est pour nous un compagnon de jeu », précise David Pierron.

« Une qualité d'eau équivalente

à celle de la Bruche »
Selon l'asso Des rives urbaines, une centaine de Strasbourgeois pratiquent le street fishing. « Depuis trois, quatre ans, il y a un réel engouement notamment chez les jeunes étudiants, lance Benoît Clair. On va pêcher, entre copains, en sortant du boulot le soir ou lors de la pause déjeuner. Pas besoin de se changer ni de prendre la voiture. C'est à deux rues de chez nous. »
Strasbourg apparaît d'ailleurs comme une des « mecques » du street fishing. « Contrairement à l'image qu'en ont la plupart des habitants, l'Ill n'est pas un égoût à ciel ouvert », explique Nicolas Dupuy, pêcheur depuis 15 ans. « On capture notamment des brochets, des sandres, des perches et des aspes. Ce fameux poisson – qui vient d'Europe de l'Est et qu'on ne trouve qu'en Alsace et en Lorraine – donne du fil à retrordre aux street fishers, pointe David Pierron avant d'ajouter : La qualité de l'eau de l'Ill est identique à celle de la Bruche à Schirmeck. De nombreux efforts ont été menés pour réparer les dégats causés par l'incendie de l'usine pharmaceutique Sandoz en 1986, à Bâle.

Compétition

Ken Poincelet est arrivé quatrième de cette compétition avec un total de 1 280 mm de poissons péchés contre 1 870 pour le vainqueur. C'est le Strasbourgeois le mieux placé. Benoît Clair est lui 23e et Nicolas Dupuy 40e.