L'agresseur mis en examen pour tentative de meurtre aggravé

Sonia de Araujo

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L'inconnu qui a agressé un homme de confession juive, vendredi en plein cœur de Strasbourg, a reconnu les faits. Il a été mis en examen, hier, pour « tentative de meurtre aggravé » et écroué. « La circonstance aggravante a été retenue car il s'agit, sans nul doute, d'un acte antisémite. Le suspect a indiqué à plusieurs reprises à la police qu'il détestait les Juifs. Il a attaqué la victime uniquement parce qu'elle portait une kippa », indique le parquet.
Agé de 42 ans, David Pariente avait reçu, vendredi vers 12 h 30, un coup de couteau au niveau du cou et avait été frappé avec une barre de fer, alors qu'il sortait du tram, place de l'Homme-de-fer. Hospitalisé au CHU de Hautepierre jusqu'à samedi, il bénéficie de deux jours d'incapacité totale de travail.
Vendredi, la police avait rapidement interpellé deux hommes, placés en garde à vue. Le principal suspect, le seul à avoir porté des coups, a déclaré faire « l'objet d'un complot des Juifs ». Il reprocherait à un médecin de confession juive, son placement en hôpital psychiatrique. Agé de 38 ans, il présente d'importants troubles mentaux et est déjà connu de la justice. « Il a été condamné à plusieurs reprises pour des affaires de violence », précise le parquet. Simple témoin, l'homme qui l'accompagnait, un Alsacien récemment converti à l'Islam, a été libéré.
Cette agression a suscité un vif émoi dans la classe politique et les instances religieuses. Le grand rabbin de Strasbourg, René Gutman, a dénoncé « un acte ignoble de violence antisémite ». Abdelaziz Choucri, délégué général de la Grande Mosquée de Strasbourg, a condamné cette agression « avec la plus grande vigueur ». Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux a témoigné sa « solidarité » et son « soutien » aux Juifs de France. Un rassemblement silencieux est organisé aujourd'hui, à 12 h 30 devant la synagogue de Strasbourg, avenue de la Paix.