Crise de l’énergie : Deux semaines de fermeture de l’université de Strasbourg, « c’est la double peine »

ENERGIE Alors que le président de l’université de Strasbourg a annoncé lundi la fermeture pour deux semaines supplémentaires des principaux locaux pour faire des économies d’énergie, les étudiants rencontrés sur le campus restent pour certains dubitatifs

Gilles Varela
Le Palais universitaire de Strasbourg. Illustration.
Le Palais universitaire de Strasbourg. Illustration. — B. Poussard / 20 Minutes
  • L’université de Strasbourg fermera ses locaux deux semaines supplémentaires cet hiver pour faire des économies d’énergie.
  • Sur place, certains étudiants, philosophes, se réjouissent de la mesure.
  • Mais d’autres sont plus ennuyés et considèrent qu’il y a d’autres leviers que cette trêve hivernale des cours.

« C’est tentant et c’est la moindre des choses pour la planète, c’est sûr, sourit Geneviève, mais c’est plus une contrainte qu’une bonne nouvelle, même si j’ai bien compris qu’on n’a pas le choix », assure la jeune étudiante. Chez ses copains, avec qui elle discute le bout de gras sur les marches de la fac, l’annonce faite lundi par le président de l’université de Strasbourg (Unistra), de deux semaines supplémentaires de fermeture cet hiver pour faire face à la « facture énergétique qui explose », ne fait pas l’unanimité.

Même si Romain « comprend » la nécessité de faire des économies, notamment d’énergie, il s’étonne d’avoir à payer « les pots cassés ». Entre « les grèves qu’il va y avoir, ces jours de cours en moins ne vont rien arranger, s’inquiète déjà le jeune homme. Et après il va falloir tout rattraper. Au final, on va subir le dérèglement climatique et on nous supprime les cours comme réponse. C’est un peu la double peine pour nous ». Même réserve pour Justine, rencontrée du côté du Patio : « Hier, je me suis dit que c’était évident même si ça ne m’a pas étonnée que ce soit Strasbourg qui lance ça en premier, j’étais même surprise qu’on ne nous mette pas en distanciel. Mais je me dis aussi que ça manque d’anticipation, avance l’étudiante. Cela pouvait se prévoir et il y a certainement d’autres postes où l’on peut faire de grosses économies, on peut baisser encore la température au lieu des 19 °C annoncés. »

Entre économies et gestion du temps

Pour Djamel, le constat est bien plus sévère : « En arriver là, dans une grande université comme Strasbourg, je trouve ça (il mâche ses mots) plutôt décevant (sourires). Pourquoi avoir attendu pour faire un bilan carbone ? Cela veut dire que l’on gaspillait jusqu’ici de l’énergie parce qu’on ne la payait pas trop cher ? » Victor rebondit : « Faudrait déjà qu’on se serve moins de nos ordis pour prendre les cours, éteindre les lumières quand il n’y a personne dans les salles, que ça soit tout le monde qui se mobilise », plaide le jeune homme de 25 ans.



Pour Julie au contraire, c’est une bonne nouvelle. L’étudiante en provenance de la région bordelaise explique qu’elle va pouvoir rentrer voir sa famille plus longuement à Noël et on « peut prendre aussi des cours à distance, quand ça ne dure pas toute l’année. Et en plus je vais payer moins cher mon billet de train au retour car ça ne sera pas le rush », calcule-t-elle.  « Moins de cours, alors ça veut dire des frais d’inscription remboursés ? » s’amuse un copain. Plus mesuré, Djibril explique qu’il aura un peu plus de temps pour réviser : « A cette période de l’année, je fais pas mal de jobs alors ça peut m’arranger qu’il y ait moins de cours, ça va me donner du temps ». Du temps, Inès craint d’en avoir un peu trop. « C’est nécessaire je crois, mais je suis en résidence et je ne peux pas rentrer chez moi, confie-t-elle. Ça va être long et un peu triste ces vacances d’hiver et de février. Mais il n’y a pas le choix de toute façon, faudra faire avec. »