Les 326 salariés de l'ex-Delphi laissés sur le bord de la route

Sonia de Araujo

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A Paris, en octobre dernier.
A Paris, en octobre dernier. — DR

Les 326 salariés ont accueilli ce week-end l'annonce « avec émotion et fatalisme ». Leur usine Steering France SAS, ex-Delphi, pourrait fermer d'ici à la fin de l'année. Lors d'un comité d'établissement extraordinaire, les dirigeants ont indiqué avoir échoué dans leur recherche d'un futur acquéreur. L'équipementier automobile était en vente depuis octobre dernier. « On s'y attendait depuis longtemps. Depuis qu'en juillet 2009, General Motors (GM) a annoncé qu'il n'allait pas nous reprendre, regrette Sébastien Dettwiller, délégué CGT. A présent, il n'y a plus rien à faire. On ne sauvera plus les emplois. Aucun des repreneurs n'était prêt à respecter les accords sociaux et à en payer la facture. » GM s'était, en effet, engagé auprès des salariés à leur verser, en cas de licenciement, des primes supra légales atteignant les 55 000 €. En outre, précise le syndicaliste, « l'usine fabrique un produit en fin de vie, des pompes hydrauliques pour direction assistée ».

La CUS et la région solidaires
L'ensemble des salariés de l'usine se trouvent désemparés. « C'est désolant. Toutes les entreprises ferment autour de nous, comme récemment encore Steelcase à Marlenheim. Où va-t-on trouver du travail ?, s'inquiète Yasmine Wieber, employée depuis dix-sept ans sur le site. Il y a des salariés qui travaillent en couple à l'usine, d'autres qui ont fait des prêts pour construire une maison. Comment vont-ils faire ? » Christian Lauterbach, salarié depuis douze ans, envisage de se reconvertir dans l'informatique : « On n'a pas le choix, il faut trouver autre chose. » Depuis janvier, une cellule de gestion de carrière a été mise en place au sein de l'entreprise.
Ces licenciements sont aussi un coup dur pour le Port-du-Rhin, en pleine restructuration depuis un an. La CUS et la région ont indiqué, hier, « continuer à travailler ensemble sur ce dossier ». Egalement situé dans ce secteur, GM qui compte 1 200 salariés, est à la recherche d'un repreneur depuis dix-huit mois.