L'Adie aide les jeunes des quartiers à devenir des boss

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« Dans ma recherche d'emploi, je n'ai eu que des réponses défavorables. Peut-être parce que je viens de Neudorf ? » Avec un BTS en poche, Dounia, 24 ans, est sans activité depuis un an. Son rêve : créer sa société dans l'événementiel, organiser des mariages, des soirées. Problème, elle ne sait « pas par quelles démarches commencer, vers qui aller ». Pablo, 31 ans, également originaire de Neudorf et au chômage depuis un an, envisage de devenir son propre patron en ouvrant une agence Web. Mais avoue-t-il, créer sa boîte relève « parfois du parcours du combattant. Il faut comprendre les différents statuts d'entreprise, comment calculer la TVA. Cela fait beaucoup de choses d'un coup. »

Onze sessions de formation par an
Avec cinq autres personnes, Dounia et Pablo vont intégrer, aujourd'hui, la première promotion strasbourgeoise de CréaJeunes. Animé par l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), le dispositif va leur offrir une formation gratuite à la création d'entreprise de huit semaines et un accompagnement individuel durant quatre mois. « Nos cibles sont les demandeurs d'emplois âgés de 18 à 32 ans, bénéficiant pour certains des minima sociaux et issus des quartiers », précise Rachid Abidi, le responsable de CréaJeunes à Strasbourg. Testé dans sept villes depuis 2007, le dispositif a déjà bénéficié à plus de 900 porteurs de projets. « Près de 30 % d'entre eux ont créé leur société et autant ont retrouvé un emploi, se félicite Rachid Abidi. Après la crise des banlieues en 2005, on s'est aperçu que les jeunes des quartiers étaient exclus des formations. Ils sont souvent stigmatisés, manquent de réseaux, de fonds, de ­savoir-faire. Or, 50 % d'entre eux disent vouloir créer leur entreprise. » L'Adie va proposer à Strasbourg onze formations CréaJeunes par an.P. W.

Contact

Les personnes intéressées par CréaJeunes peuvent contacter l'Adie au 06 43 78 80 70. Le siège est au 8, boulevard de Nancy.