Les labels en effervescence

Sonia de Araujo

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Christophe Pulon, Julien Hohl et Thibault Dutt du label Death Rock participent au Printemps de Bourges et aux Eurockéennes.
Christophe Pulon, Julien Hohl et Thibault Dutt du label Death Rock participent au Printemps de Bourges et aux Eurockéennes. — G. varela / 20 Minutes

Un an après sa création, le label strasbourgeois Death Rock Records a fait du chemin. Deux de ses trois groupes participent, cette année, à des festivals musicaux majeurs. Plus Guest se produit aujourd'hui au Printemps de Bourges. Colt Silvers jouera en juillet prochain aux Eurockéennes de Belfort. Une « consécration ». « Les groupes commencent à avoir une certaine renommée. On gagne en crédibilité », se réjouit Julien Hohl, fondateur du label et membre de Plus Guest. Muni des deux CD qu'il a déjà produits et d'une compilation, Death Rock entend bien faire parler de lui à Bourges. « On a travaillé avec le directeur artistique du festival pour ne plus être un simple groupe local sur une scène mais créer un vrai spectacle, précise Julien Hohl, 25 ans. Death rock ne veut pas être seulement un label de rock alsacien. »
L'an dernier, Lyre le Temps, du label strasbourgeois French Gramm, avait lui aussi été une découverte du Printemps de Bourges. Ces deux succès s'inscrivent dans une tendance lourde. « En cinq ans, la démocratisation du matériel d'enregistrement a favorisé l'autoproduction », explique Jean-Luc Gattoni, responsable du développement de la scène locale pour Artefact. Leur site répertorie ainsi une trentaine de labels à Strasbourg et ses environs. « Chaque groupe veut créer son label », explique Jean-Luc Gattoni. Le groupe Absurdity attend des subventions pour monter son label de hard rock. Les rockers de Yeallow viennent de créer Try & Dye Records.
« A partir du moment où on produit un CD, on est considéré comme un label, mais la question est de savoir comment dépasser les 500 ou 1 000 ventes. Il faut réussir à établir des passerelles avec le monde de la production nationale », pointe Jean-Luc Gattoni. A l'instar du label Herzfeld.

Des cachets qui font grincer
Créé en 2005 par huit amis, le label Herzfeld compte aujourd'hui une dizaine de groupes. L'an dernier, ils ont accueilli Original Folks, Electric Electric et Sara, et plus récemment Einkaufen. « Les festivals auxquels nous avons participé nous ont permis d'avoir une certaine renommée. Depuis un an, nous travaillons avec La Baleine, qui distribue nos CD en magasins, et Believe sur iTunes. Notre actualité est relayée par Magic principalement, mais aussi Les Inrocks, Libération et Chronic'art », précise Renaud Sachet de Herzfeld.
Pourtant, le label veut rester une association familiale. « On est bénévoles. On a tous des jobs à côté, poursuit-il. Herzfeld nous permet de faire de la musique dans de bonnes conditions. » Idem pour le jeune collectif Kim, avec ses groupes folk-rock comme Secretive Show et Away from Luka. A l'inverse, Death Rock continue sur sa lancée : « On demande des cachets plus importants, même si ça fait grincer des dents les salles alsaciennes. On vise la professionnalisation des artistes. » En plus de l'association, le label va bientôt créer une société.

Pour les découvrir

Dans le cadre du festival des Artefacts, le samedi 24 avril, de 23 h à 3 h du matin, les « Scènes d'ici » se produiront à la Laiterie, notamment The Secretive Show du collectif Kim, Colt Silvers du label Death Rock et Lyre le Temps de French Gramm, et le nouveau groupe pop du label Herzfeld, Einkaufen. Plus d'infos sur www.festival.artefact.org.