Un individu cagoulé tire sur une enseignante

Philippe Wendling

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La salle de classe 509 dans laquelle l'individu a fait irruption, hier peu après 8 h 30.
La salle de classe 509 dans laquelle l'individu a fait irruption, hier peu après 8 h 30. — G. Varela / 20 Minutes

« J'ai vu quelqu'un qui avait une arme devant moi et qui a tiré. Je n'ai pas tout de suite compris. Je ne peux ni le reconnaître, ni savoir qui il est », explique l'enseignante. Alors qu'elle donnait un cours d'allemand à des élèves de seconde, hier peu après 8 h 30, un individu cagoulé a fait irruption dans la salle 509 du lycée Jean-Monnet à Neudorf. Sans motif apparent, il a tiré sur elle avec une arme de poing avant de prendre la fuite. Aucun blessé n'est à déplorer. L'auteur des faits n'était pas encore identifié, hier soir.

Une aide psychologique mise en place
Pensant qu'il s'agissait d'un surveillant venant relever le nom des élèves absents, l'enseignante ne s'est pas étonnée que quelqu'un frappe puis ouvre la porte de la salle. L'individu restant dans l'embrasure, elle n'a pas tout de suite vu qu'il portait une cagoule. « Il n'a rien dit, raconte Jean-François Picard, le proviseur du lycée. Il a sorti quelque chose qui ressemblait à une arme. Puis, il a appuyé sur la détente en visant directement la professeur. » Une « légère déflagration » aurait retenti et de la « fumée blanche » serait sortie du canon de l'arme. « Aucun impact n'a été relevé dans la salle, aucune douille n'a été retrouvée par la police, précise Jean-François Picard. Tout laisse à penser, qu'il s'agissait d'un pistolet d'alarme ou quelque chose du type. » Pour autant, martèle le proviseur, « c'est un acte grave ». Vers 10 h 30, après s'être entretenu avec les profs, il a réuni les 1 500 élèves du lycée pour leur relater les faits. « La rumeur enflait, on entendait déjà parler d'attentat », déplore le proviseur. Une cellule d'aide psychologique a été mise en place, hier soir, pour les élèves internes de l'établissement et recevra les externes aujourd'hui. « Lors des deux premiers jours de rentrée après les vacances de printemps, la même équipe sera présente dans l'établissement », selon le rectorat. « Avec la police, nous avons visionné des images prises par une caméra à l'entrée du lycée, mais rien n'y figurait », précise Jean-François Picard. Enregistrées sur un disque dur, elles vont tout de même être remises aux enquêteurs. Selon le proviseur, l'auteur des faits « pourrait très bien être scolarisé dans l'établissement, mais rien ne permet d'aller dans ce sens ou dans un autre ». D'autant, qu'il n'a jamais eu à déplorer de « menaces dans le lycée, ni envers cette enseignante ou cette classe ». L'individu pourrait être entré et reparti par l'arrière du lycée.

Doléances

Des profs ont prévu de se réunir, à 8 h ce matin, devant le lycée.Ils réclament « une audience au rectorat pour obtenir davantage de personnels d'encadrementet non des caméras,qui ne permettent pas de prévenirla violence ni de dialoguer ».