l'Elsau peine toujours à libérer des Places

Philippe Wendling

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Bien que conçue pour 452 détenus, la prison de l'Elsau en abritait 685 ce lundi.
Bien que conçue pour 452 détenus, la prison de l'Elsau en abritait 685 ce lundi. — G. Varela / 20 Minutes

« C'est historique », s'enthousiasme André Sanchez, le directeur interrégional des services pénitentiaires d'Alsace, de Lorraine et de Franche-Comté (Disp). Le taux moyen d'occupation des quatorze maisons d'arrêt dépendantes de son administration est passé sous le cap des 100 %. « Au 1er janvier, la densité carcérale était de 97,21 %. Lundi, elle était encore de 99,6 % », précise -t-il. Six établissements du Grand Est affichent un taux inférieur à 100 %, six autres se situent en-dessous des 110 %, dont Colmar et Mulhouse. Seules deux prisons dépassent les 150 % : celles de Sarreguemines et de l'Elsau.

Un projet de prison haut-rhinoise
Lundi, 685 personnes étaient écrouées à l'Elsau, alors que la maison d'arrêt est conçue pour 452 détenus. « S'ils étaient 500, ce serait mieux, reconnait André Sanchez. Mais, le fonctionnement reste acceptable. » Récurrente, la surpopulation de la prison strasbourgeoise serait en partie due, selon lui, « à un stock de condamnations prononcées » dans la région mais dont les exécutions sont différées. « Si beaucoup de gens sortent de la maison d'arrêt, beaucoup d'autres y entrent. » Pour autant, avance André Sanchez, « la situation va s'améliorer ». Il estime, par exemple, que l'ouverture d'une nouvelle prison dans le Haut-Rhin va permettre un transfert de détenus. Problème, l'établissement n'est encore qu'un projet et ne devrait pas voir le jour avant 2015. Il succèdera aux prisons de Colmar et de Mulhouse, dont les fermetures sont annoncées, et pourrait être érigé à Lutterbach. La garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, devrait bientôt se prononcer, ainsi que sur la construction d'un centre de détention pour remplacer celui d'Oermingen.
Le problème de surpopulation pourrait aussi se régler, estime André Sanchez, avec l'application de la nouvelle loi pénitentiaire. D'ici à la fin de l'année, un décret devrait permettre la généralisation du placement sous surveillance électronique des détenus condamnés à des peines inférieures à six mois de prison. Le directeur de la Disp pense que cela pourrait libérer « 250 places » à l'Elsau. Mais encore faut-il que les condamnés concernés acceptent la mesure, ce qui n'est pas évident, selon lui. « Paradoxalement, certaines personnes ne sont pas prêtes à rester assignées à domicile, alors qu'en prison, elles sont sûres de trouver à boire et à manger. »

Zoologie

Unique en France, la maison d'arrêt de l'Elsau abrite depuis peu un furet, des rats et d'autres bestioles à poils. L'animalerie est cogérée par des détenus volontaires. L'opération vise à les occuper et à pacifier leurs comportements.