Une grève sur fond de propos polémiques

Philippe Wendling

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Le trafic des bus et des trams sera perturbé le 23 mars, si la CGT appelle à la grève.
Le trafic des bus et des trams sera perturbé le 23 mars, si la CGT appelle à la grève. — G. Varela / 20 Minutes

Le torchon brûle entre la CGT et la direction de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). Dénonçant « des méthodes de management agressive », l'organisation syndicale pourrait déposer un nouveau préavis de grève pour mardi prochain. Ceci, un mois à peine après avoir appelé à un débrayage, le 22 février. Pour la semaine prochaine, elle ne prévoit qu'un rassemblement devant le dépôt de Cronenbourg.

« Une cadence de travail intenable »
Le même jour une mobilisation nationale pour la sauvegarde du service public est annoncée. « Il ne s'agit que d'un simple hasard de calendrier, avance le délégué cégétiste Sébastien Ganter. Nos revendications sont spécifiques à la CTS. Nous demandons, entre autres, l'arrêt de la répression syndicale et l'abandon du projet de création d'une échelle pour l'application des sanctions. » Un système qui provoque déjà l'ire des représentants syndicaux. « Pour n'importe quelle petite erreur, la direction convoque les conducteurs ou fait des courriers. Aujourd'hui, la cadence de travail est intenable. Au moindre stress, on peut tous commettre des fautes, c'est humain », expliquait le mois dernier Pierre Catala, délégué CGT à la CTS. Si le discours du syndicat sur les conditions de travail n'a pas changé depuis, le ton, en revanche, s'est durci. Dans ses tracts, la CGT pointe désormais « un harcèlement » dont seraient victimes deux de ses représentants. En outre, elle accuse deux cadres de l'entreprise de « gestion mafieuse ».
« Nous sommes très attachés à la liberté d'expression mais là en parlant de “gestion mafieuse”, nous jugeons que les délégués de la CGT sont allés trop loin et c'est ce que nous leur avons signifié, explique Emmanuel Auneau, adjoint à la direction des ressources humaines de la CTS. Nous demandons qu'ils retirent ces propos qui sont diffamatoires et présentent leurs excuses. Aucune action n'est entamée et notre volonté n'est pas d'aller en justice. Mais si c'est nécessaire, nous serons amenés à aller plus loin. » Dans L'Informateur, sa lettre interne diffusée ce week-end, la CGT a indiqué qu'elle ne « fera pas d'excuses » à la direction et aux cadres incriminés, car elle « n'a pas en faire ». Au contraire, l'organisation réclame à son tour des « excuses publiques » des dirigeants de la CTS.

dans la Liste verte

Pour contredire la CGT, la CTS pointe sa présence sur la « liste verte » des entreprises luttant le mieux contre le stress selon le ministère du Travail. La liste recense les sociétés ayant un accord en matière de prévention des risques psychosociaux.