Richert devant bigot, derrière l'abstention

S. de Araujo, M. Druart, A. marmu et P. Wendling

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Pas de raz-demarée vert, mais une bonne vague rose sur l'échelle de Richert. L'UMP Philippe Richert a recueilli hier 35 % des voix au premier tour des régionales. En 2004, le vainqueur du scrutin, Adrien Zeller, avait obtenu lui 34,06 % des suffrages au soir du premier tour. « Faire mieux qu'Adrien Zeller dans le contexte national actuel, il fallait le faire, s'est enthousiasmé le leader de la majorité présidentielle. Avec 35 % des voix, nous sommes sans doute de très loin la région en France où la droite a le plus d'avance sur le PS. C'est à peu près le score que nous pouvions attendre. Mais si nous avons des secteurs très favorables dans d'autres nos scores sont plus faibles. Nous avons un ensemble de secteurs où nos électeurs sont restés à la maison. Il s'agit de les convaincre d'aller voter au 2e tour, de leur expliquer qu'il ne s'agit pas d'une campagne nationale, mais bien d'une campagne qui concerne l'Alsace. »
Jacques Bigot arrive en deuxième position, comme en 2004. En revanche, cette fois-ci, il fait cavalier seul. Son score était estimé hier soir vers 23 h 30 à 19%. Associé aux Verts, il y a six ans, il récoltait 20.12 % des voix. La formation gagne du terrain. « C'est un score très honorable, a-t-il réagi à l'écoute des premières estimations. L'Alsace n'a plus peur du socialisme. Nous avons progressé ensemble. Il y a vraiment une dynamique en notre faveur. L'UMP s'aperçoit que ça ne va pas être aussi facile qu'elle le pensait. » Venu apporter son soutien au président de la CUS, Roland Ries, maire de Strasbourg, est confiant pour le second tour : « Les perspectives sont ouvertes. On a toutes nos chances. Le contexte nous est très favorable. Le paysage politique a changé. Le vieux réflexe alsacien d'avoir peur de la gauche n'existe plus. »
Le troisième parti sur le podium de ce premier tour des élections régionales est Europe écologie. La formation menée par Jacques Fernique récolte 14,5 %, une déception après le succès des élections européennes de juin dernier. Jacques Fernique avoue : « C'est un score en deçà de nos espérances, dans un contexte regrettable d'abstention qui nous porte préjudice en premier lieu. Mais la progression de l'écologie est incontestable depuis 2004 ». L'optimisme reste de rigueur, comme avec l'eurodéputée, Sandrine Bélier. La parlementaire explique : « Europe écologie porte une nouvelle donne politique. J'y crois, j'y croirai jusqu'à la dernière minute ».
Bien que réussissant à se maintenir au second tour, le Front national recule. Il passe de la troisième position à la quatrième avec un score de 13,5 % contre 18,58 % en 2004. «Nous sommes très contents de figurer parmi les trois derniers en course malgré un score réduit par rapport à 2004. Les élections se suivent et ne se ressemblent pas. Le plus important est d'être au second tour. Nous sommes dans un contexte difficile. Même si nous ne sommes pas au pouvoir, nous payons les pots cassés de toutes ces personnes déçues par la politique. Nous allons maintenant avoir une semaine de campagne très très active. Je vais d'abord m'adresser aux abstentionnistes.»

Une abstention record
Le leader frontiste ne devrait néanmoins pas fusionner avec l'autre parti identitaire, Alsace d'abord, crédité hier soir d'environ 5% des scrutins. « Comme en 2004, nous ne fusionnerons pas et n'appellerons pas à voter pour quelqu'un. Nous laissons nos électeurs libre de leur choix en fonction des programmes. Nous avons fait plus qu'un parti national, que le MoDem (…) grâce à la fidélité de nos électeurs», déclarait hier en début de soirée, Jacques Cordonnier, le candidat d'Alsace d'abord.
Finalement, le score le plus élevé est celui de l'abstention avec 56,64 % contre 40,52 % en 2004. Ce chiffre est même supérieur aux 53,5 % de la moyenne nationale. C'est une première pour l'Alsace qui a pour habitude de se mobiliser davantage au contraire des autres régions de la France.