Des MILITANTS entre joie, surprise eT espoirs

M. Druart, S. de Araujo et P. WendlinG

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Philippe Richert a passé le début de la soirée au local de l'UMP, à l'Elsau.
Philippe Richert a passé le début de la soirée au local de l'UMP, à l'Elsau. — G. Varela / 20 Minutes.

Sur un grand écran, une chaîne de télé nationale diffuse les premières estimations. Philippe Richert est donné vainqueur du premier tour dans la région avec 35 % des voix. Il est 20 h au local de l'UMP, à l'Elsau, et une soixantaine de personnes se massent autour de leur chef de file. Applaudissements. « Nous serions de 15 % devant le PS. C'est un bon score ; puisse-t-il se traduire au second tour », espère Philippe Richert. Dans la pièce, on trinque. Pas encore de champagne, mais de la bière à la pression. « On y croit. Au vu du retour des urnes, nous sommes dans une bonne dynamique », lâche Guillaume, la vingtaine. « Certes, mais vu l'abstention, il y a encore du boulot », poursuit une autre sympathisante de la majorité alsacienne. « On aurait pu mobiliser davantage l'électorat de droite dès aujourd'hui. Je suis sûr qu'on paie la politique d'ouverture à gauche de Sarko », tempère une autre militante. Quoi qu'il en soit, dixit un militant au micro d'une télé locale : « Le PS n'est qu'à 20 %, c'est déjà une victoire. »

Des partisans PS confiants
Un avis loin d'être partagé du côté des partisans du socialiste Jacques Bigot, réunis au même moment à La Salamandre. Au moment des premières estimations nationales, les applaudissements résonnent dans le dancing, le PS arrivant en tête avec 30 % des voix. Mais quelques minutes plus tard, pour les premiers chiffres alsaciens, l'accueil est beaucoup plus froid. Pas de hourra. « Ce sera dur, s'inquiète Michel Lang. Au second tour, notre score ne va pas s'additionner à 100 % à celui d'Europe Ecologie. » Adrien Remelet se veut, lui, plus optimiste : « C'est vraiment pas mal pour la région. » Ces résultats confirment, pour Jean-Baptiste, militant au MJS, que « le PS est en Alsace le moteur de la gauche ». Attendu avec impatience depuis 20 h 30, Jacques Bigot est finalement arrivé en guest star à 20 h 50 sous des enthousiastes « Bigot président ».
Jacques Fernique, le leader d'Europe Ecologie, est lui arrivé vers 19 h dans son local de campagne de la rue Jacques-Peirotes. Dans une cuisine réaménagée en salle de presse, autour d'une connexion Internet incertaine et d'un apéro au jus d'orange bio accompagné de cake fait maison, les premières estimations tombent. Entre déception et satisfaction, les réactions s'enchaînent. « On est contents du score national, mais on espérait passer devant le PS au niveau local », avoue Alexandre, membre des Jeunes Verts (Europe Ecologie recueillerait 14,5 % des voix). Pour autant, de l'avis de tous, l'écologie gagne du terrain. Des soupirs affligés commentent d'eux-mêmes les scores du FN. Depuis le lancement de la soirée, l'alternance était sur toutes les lèvres, « dans les rails » même, selon Jacques Fernique.