Patrick Poirret, le procureur nouveau est arrivé

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« L'année judiciaire est ouverte. » Le tribunal de grande instance de Strasbourg a procédé, hier matin, à son audience solennelle de rentrée. Une cérémonie des voeux qui avait, entre autres, pour objet l'installation du nouveau procureur, Patrick Poirret. Nommé par décret du 25 décembre, il succède à Jacques Louvel, qui, après sept ans à la tête du parquet strasbourgeois, a été promu procureur général près la cour d'appel d'Agen.

Se présentant comme un « responsable exigeant quant à l'application des peines de justice », Patrick Poirret était jusque-là en poste au tribunal de Bobigny. Au cours de ses trente ans de carrière, il s'est notamment illustré pour ses travaux sur les radars automatisés et son implication dans l'expérimentation des téléphones d'urgence pour les femmes battues à Bobigny. S'il n'a pas encore eu le temps de se saisir des dossiers incombant à ses nouvelles fonctions, le magistrat a déjà « une conscience aiguë des tâches qui (l')attendent ». « Il se dit que nous serons des bâtisseurs », a-t-il notamment lancé hier au président du tribunal, en référence au projet de rénovation du Palais de justice, quai Finkmatt. En décembre, le procureur de Colmar, Jacques Beaume, indiquait que l'Agence publique pour l'immobilier de la justice (Apij) avait décidé de rénover le site, à compter de 2011, plutôt que de construire une nouvelle cité judiciaire. Des informations que l'Apij n'a pas encore officialisées. Il semble que des ajustements doivent encore être réglés. Le projet pourrait être présenté après les élections régionales de mars. Exigu, obsolète, le tribunal souffre également d'un manque de matériels adaptés. « L'amélioration de nos conditions de travail doit être au coeur de nos préoccupations en 2010. Les gens qui travaillent au Palais, comme les justiciables, méritent mieux », explique Claude Palpacuer, procureur-adjoint de la République de Strasbourg.

Malgré la situation, selon lui, le traitement des affaires par le tribunal est réalisé dans des « délais raisonnables ». Exemple, l'an passé, les dossiers étaient enregistrés en moins d'un mois, contre onze en 2004 et sept en 2007. Les affaires ont été jugées, en moyenne, trois à quatre mois après les faits, selon le niveau des poursuites prononcées. Le service correctionnel du tribunal a procédé à 5 760 jugements l'an passé, soit 1,5 % de plus qu'en 2008. Avec 1 115 conclusions rendues, les juges pour enfants de la juridiction ont vu le nombre de leurs jugements régresser de 5 %. Un recul qui s'expliquerait notamment par une baisse de 6 % du nombre de mineurs incriminés dans les actes délictueux constatés par les forces de l'ordre. W

P. W.